Présentation du tournoi de foot de l’école

Le tournoi de foot de l’école est un évènement qui se déroule chaque année à partir de janvier. Les matchs se jouent au Biéreau : ils commencent vers 12h20/30 et finissent aux alentours de 13h.

Un article de Tristan de Salle

Le déroulement du tournoi : 

Le match de gala : 

Ce match est organisé pour ouvrir le tournoi.  Les deux finalistes de l’année précédente s’affrontent en match amical. Cette année les gagnants de l’année passée ont remporté le match. Les 5èmes de 2021 ont donc réitéré leur titre. 

Les matchs de barrage :  

Les barrages sont des matchs à élimination directe. Les matchs de barrage ont été instaurés car au début du tournoi, il y a toujours trop d’équipes. Donc grâce à ces matchs le nombre d’équipe baisse et les phases de poules peuvent commencer.  

La phase de pools :  

La phase de pools, c’est 8 groupes composés de trois équipes. Ces trois équipes se rencontrent les unes et les autres. À la fin, quand toutes les équipes se sont rencontrées, on fait un classement. Sur les trois équipes de la pool, les 2 équipes ayant les plus de matchs gagnés se qualifient pour la suite. 

Les matchs à éliminations directes : 

Les matchs à élimination directe se déroulent après les phases de poules. IL y a d’abord les huitièmes de finale, ensuite les quarts de finales puis les demi-finales et enfin la finale, généralement début juin. 

La grande finale

En général, les finalistes sont des 5emes ou des rhétos. Mais cette année, une équipe de 3èmes-4èmes s’est hissée jusqu’à ce niveau (les Ros Drill).

Le jour de la grande finale, il y beaucoup de monde et d’ambiance. Les confettis, fumigènes et tambours sont de sortie.  Mais, l’année passée, des débordements ont eu lieu : des propos obscènes et haineux ont été lancés.   Afin que cette situation tendue ne se répète pas,  les organisateurs ont décidé d’imposer de nouvelles règles cette année. 

Nouveauté de cette année :  

La carte verte en cas de faute grave ou de manque de fair play (injures,…) avec suspension de deux minutes. 

Objectif : ne pas subir les commentaires irrespectueux habituels du milieu footballistique, éduquer un minimum au comportement sportif. 

Les organisateurs en 2021-2022:  

Oscar André 

Naïm Aghras 

Robin Van Hove  

Tim Kia Ntoni 

Jonas Trine  

Eliott Lederer 

Sous l’encadrement de M Vanorlé.

“Le Château ambulant : magique !”

Une critique d’Emma Ngoie.

“Le château ambulant” est un film animé japonais que je trouve magique. Magique car ce film nous marque par ses personnages, son atmosphère, son histoire. Son auteur, Haya Miyazaki, récompensé, à plusieurs reprises pour ses créations, a su produire une animation touchante et particulière. Avec le “château ambulant”, il adapte le roman “le château de Hurle” de l’autrice britannique, Diana Wynne. C’est certainement pour cette raison que les personnages évoluent dans un décor très “européen” : on se croirait dans une petite ville bavaroise du début du 20ème siècle. Nous sommes “en réalité” dans le royaume d’Ingary, peuplé de sorciers et de sorcières dont la plus puissante et le plus horrible est la « sorcière des landes ». Celle-ci est en concurrence avec Hauru, un sorcier à l’apparence androgyne, qui vit dans le fameux château ambulant, amoncèlement de bois et de ferrailles ayant la capacité de se déplacer par sa seule volonté.

Le premier personnage que l’on rencontre est la jeune Sophie. Aînée de la famille, elle a dû reprendre, à la mort de son père, la modeste chapellerie de ce dernier. Un jour, Sophie sort pour aller rendre une visite à sa sœur mais elle se fait harceler par deux militaires qui essayent de la séduire. Grâce à l’aide d’un jeune homme mystérieux. Sophie peut s’échapper de cette situation et partage un moment enchanteur avec lui. Mais cette rencontre attise la jalousie de la Sorcière des Landes, qui maudit Sophie, laquelle doit désormais vivre dans le corps d’une femme de nonante ans ! Sophie fuit alors son foyer et se voit embarquée, par hasard (?), dans le château ambulant. Elle y retrouve son sauveur, qui se révèle être Hauru et comprend que le jeune sorcier a besoin d’aide pour vivre en paix… La suite, à vous de la découvrir ! L’anime est disponible sur Netflix.

Au fil de cet animé, vous pourriez, comme moi, espérer que Sophie et Hauru puissent vivre dans notre monde ou…même espérer vivre une histoire d’amour aussi fabuleuse que la leur ! Parce qu’en soit l’amour n’est-il pas la plus belle des choses qui nous permet de toujours nous dépasser ? Sophie se bat tout le long du film à la fois pour elle-même et pour sa relation (malgré la difficulté et ses propres doutes), elle ne recule pas devant la peur et affronte donc des obstacles difficiles et des situations compliquées. En regardant le film, on ne peut qu’admirer sa force et son courage. Ce qui m’a vraiment plu dans cet animé, c’est que contrairement à certaines histoires d’amour où les personnages tombent directement amoureux, dans “le château ambulant”, Sophie et Hauru traversent des expériences qui leur ont permis de se découvrir et de renforcer leur amour, ce qui est plus réaliste et qui donc nous permet aussi de s’attacher à ces deux personnages. C’est aussi une aventure qui a permis à Sophie à s’aimer ; c’est un long chemin qu’elle mène vers son acceptation et on ne peut être qu’admiratif.

Komi cherche ses mots

Ces dernières années ont vu émerger un nouveau style de découpage dans le monde de l’animation japonaise : les longs arcs à la “One piece” ou “Naruto” ont fait désormais place à un enchaînement d’épisodes avec différents scénarios et sans lien entre eux, le tout en gardant un fil conducteur. L’anime que nous critiquons aujourd’hui rentre dans cette nouvelle catégorie. Écrit par Tomohito Oda et animé par le studio OLM, « Komi cherche ses mots » est disponible sur Netflix. Une  saison est pour l’instant sortie. Cet animé d’humour/romance raconte l’histoire de Shôko Komi, une lycéenne qui gagne une grande popularité de par sa beauté et son élégance. Mais derrière ses airs de fille parfaite, Komi est atteinte d’un grave trouble de la communication qui l’empêche de communiquer à l’oral en public, Hitohito Tadano, un élève moyen sera le seul à se rendre compte de ce problème et va donc aider Komi dans son objectif d’atteindre les 100 amis. La série a déjà remporté le prix de la meilleure comédie lors de la 6ème édition des “Crunchyroll Anime Awards” (une cérémonie organisée par la plateforme de streaming Crunchyroll qui récompense les anime sortis durant l’année ) et ce n’est pas pour rien, ses personnages sont attachants, l’humour fonctionne bien sans tomber dans le fan-service et l’animation est au petits oignons. La bande son originale est travaillée elle aussi, un plaisir auditif (j’ai personnellement adoré l’opening). On ne s’ennuie jamais, les scénarios des épisodes sont toujours originaux et uniques. Si vous ne savez pas quoi regarder, que vous aimez les animés ou encore si vous avez adoré “Kaguya-sama : Love Is War” je ne peux que vous recommander cette œuvre de Tomohito Oda . 

Une critique d’Enguerrand de Salle

  La beauté avant tout

Une nouvelle de Méline Vico, rhétoricienne

Tout commença lors de ma première sortie, mes deux grandes sœurs s’arrêtaient constamment pour s’extasier devant les hommes qu’on croisait, à coup de rires et de messes basses et cela usait ma patience. En effet, pour moi, la vue de ces garçons était synonyme d’un sentiment désagréable qui m’était jusqu’alors inconnu. Suite à mon malaise, j’accélérai le pas pour inciter mes sœurs à mettre fin à leur discussion. Cela fonctionna car elles revinrent vers moi avec une expression grave. La plus jeune des deux caressa mon masque avec bienveillance. Malgré son geste réconfortant, je vis une larme couler sur sa joue.

Deux ans plus tard, j’avais douze ans, je commençai donc à aller à l’école. Là-bas, les cours et toutes les discussions tournaient autour du système unique de notre ville et de sa devise : « Vénus : un choix infini de partenaires. ». En effet, il y a septante ans, des scientifiques définirent les canons de beauté universelle féminins et masculins. Suite à cela, les habitants de Vénus devinrent attirants pour le monde entier en adoptant les physiques parfaits grâce à la chirurgie. Depuis, tous les citoyens de cette ville ont exactement le même corps, au reflet de cette découverte. Les enfants, quant à eux, portent des survêtements couvrant tout leur corps et un masque à l’effigie de leur futur visage jusqu’à leurs dix-huit ans, où ils seront opérés pour obtenir le physique parfait. Grâce à ce système, la peur de la solitude et les complexes disparurent.

Je sortais régulièrement avec mes amis Loan et Lucie, nous passions nos soirées à danser et à rencontrer de nouvelles personnes sans séduction car les mineurs n’ont pas droit aux relations amoureuses. Un de ces soirs, nous fîmes la connaissance de Camilia, une fille avec une longue robe rouge écarlate et un voile fuchsia recouvrant ses cheveux, dont le timbre de voix avait quelque chose d’exotique. Elle nous apprit une danse endiablée sur laquelle nous nous déchainèrent jusqu’à l’épuisement total. Après notre performance, nous étions éreintés. Notre nouvelle amie était la moins fatiguée d’entre nous, elle prit donc la parole pendant qu’on reprenait notre souffle : « Cela fait longtemps que je voulais faire cette danse. Mes parents ont insisté pour que je l’apprenne théoriquement depuis ma naissance car elle est un héritage important de notre pays d’origine. Malgré ça, ils ne veulent pas que je la mette en pratique avant notre majorité. ». Loan enchaina: « Pourquoi te l’interdisent-ils ? ». Camilia répondit avec un petit rire pétillant : « Quand on danse, nos vêtements ont tendance à se soulever en laissant apercevoir des parties de notre peau. En plus, cette danse se fait en duo, donc les partenaires ressemblent à un couple. Tu n’avais pas remarqué ? ». Nous fûmes tous les trois soufflés par son air décontracté alors qu’elle nous annonçait que nous venions de transgresser deux règles fondamentales de Vénus. Pourtant, je ne ressentis pas de peur en repensant au moment où j’entraperçus la cheville de Lucie et où je sentis de la fraicheur le long de mes bras mais bien de l’excitation. J’étais simplement heureuse d’avoir vécu une expérience inédite avec mes amis : la découverte de l’autre donnait du sens à ma vie. Et cela me motiva à sortir tous les soirs suivants.

Il y a un an, suite aux nombreuses soirées auxquelles je participai, mes résultats scolaires devinrent catastrophiques. Cela inquiéta mes parents, ils m’interdirent de sortie jusqu’à l’arrivée de meilleurs résultats. Comme je ne pouvais pas m’imaginer vivre sans mes amis, ma seule option fut de me mettre au travail. C’est en lisant le contenu de mes cours que je réalisai pourquoi je n’avais pas pu étudier pleinement depuis cinq ans, ce n’était pas la paresse mais bien la peur de cette norme et ma distinction par rapport à celle-ci. Je réalisai que j’éprouvais un dégout insupportable à l’encontre des figures parfaites de cette société. J’avais compensé cette répulsion par une affection pour les personnes de mon âge qui me semblaient tellement plus belles et réelles. Mais le sentiment qui prédominait, c’était l’angoisse d’être différente, je ne pus pas l’accepter à moins d’avoir une preuve irréfutable de mon altérité.

Après une longue réflexion, j’en conclus que la différence fondamentale d’état d’esprit entre les enfants et les adultes provenait du fait que ceux-ci avaient des relations amoureuses. Je devais donc en expérimenter une pour comprendre. Je me rapprochai du grand frère de Loan. Après un certain temps, nous avons décidé de nous embrasser, malgré quelques réticences de sa part dues aux règles de la ville. Nos langues se mélangèrent pendant ce qui me sembla une éternité. Dès qu’on eut terminé, je courus hors de sa maison. Quand je fus assez éloignée pour que personne ne me voie, je me mis à vomir. La réponse avait le mérite d’être claire, j’étais différente.

Après ce choc, je tentai de mettre de l’ordre dans mes idées. Je savais ce que tout cela signifiait, j’allais devoir vivre en mentant constamment, en craignant chaque jour que quelqu’un découvre mon secret. Dans deux mois, j’aurai aussi un corps qui me révulse au plus haut point. Pourquoi dois-je subir cela ? Cette question se répétait sans cesse dans ma tête. Je voulais comprendre, je devais comprendre. Peut-être qu’en découvrant d’où venait mon anomalie, je pourrais m’en accommoder.

C’est avec cette idée en tête que, pendant le mois suivant, je fis de nombreuses recherches, en quête de la moindre information intéressante. La plupart du temps, les sites sur lesquels je tombai étaient étranges quand ils n’étaient pas inexistants. Il y en a tout de même un qui attira mon attention, c’est un article sur les difficultés qu’avaient certaines personnes avec le système de Vénus. Les « aesthétiques », comme ils nous appelaient, n’avaient droit à aucune alternative et l’article terminait en disant que cela s’estompait souvent avec le temps. Cette conclusion ne fit qu’augmenter mon mal-être. Pourquoi personne ne prend au sérieux ce que je vis ? Cela me donna tout de même une idée, s’il existe d’autres personnes comme moi, je peux les trouver sur les réseaux. Je  tombai sur le poste d’un certain « Primera » qui exprimait son désarroi face à ce monde sans couleur. Dans les commentaires, je vis des milliers de messages remplis de haine et d’appel au suicide. Cela me figea sur place, je ne comprenais pas comment tant de personnes avaient pu lui envoyer ces horreurs en à peine dix minutes. Il effaça son compte une heure après et c’est ainsi que je réalisai que ma seule solution était de disparaitre. Quitter mes amis était le moindre de mes soucis à présent.

Trois jours avant mon anniversaire, je pris toutes mes affaires et le premier bus pour la périphérie de Vénus. Comme le trajet durait deux heures, je m’endormis. Je rêvai d’une fête à laquelle je ne participais pas, je la regardais de loin. Soudain, quelqu’un me tendit la main en souriant, c’était Camilia et on se mit à danser. Au rythme de la chorégraphie, elle enlevait tour à tour son masque, son voile et pour finir sa robe trop longue sous laquelle se trouvait une autre étincelante. Elle me sembla de plus en plus belle, et à cet instant, je compris ce qu’était l’amour, cette envie d’être avec l’autre pour l’éternité car on l’aime dans son entièreté et pour sa singularité. Je me réveillai au terminus. En sortant, je remarquai que j’étais la dernière passagère et l’état pitoyable de l’endroit où j’étais arrivée. Les bâtiments étaient délabrés et il n’y avait pas âme qui vive. Malgré cela, je décidai de trouver la sortie de Vénus. Au coucher du soleil, je repérai enfin un panneau rouillé qui indiquait la direction de la sortie. Je finis par arriver à la limite entre Vénus et le reste du monde. Je n’en crus pas mes yeux en constatant ce désert de sable turquoise qui s’étendait à perte de vue. Il n’y avait donc jamais rien eu d’autre que Vénus ? Je restai là, figée, pendant de longues heures, je n’arrivais pas à accepter cette réalité invraisemblable… Je repris enfin mes esprits, Vénus n’était plus une option. Je pris la décision d’avancer dans l’espoir de trouver un lieu habitable dans cette mer de sable. Je jetai derrière moi mes survêtements, marques de mon passé. Je marchai deux jours sans m’arrêter, mais il n’y avait toujours aucun signe de vie. Je dus me rendre à l’évidence, j’étais perdue et assoiffée, je ne pourrais pas survivre encore longtemps. Pourtant, quelque chose au fond de moi me criait de ne pas abandonner, je ne pouvais pas accepter que cela finisse ainsi. Le lendemain, je tombai sur le sol, à bout de force. Je vis alors une lumière foncer sur moi. Ce n’était pas un mirage mais bien un van, qui s’arrêta devant moi. Deux personnes en sortirent et m’attrapèrent. Je perdis connaissance.

Quand je repris conscience, de nombreuses images défilaient devant mes yeux. Après quelques secondes, je compris qu’elles représentaient des couples hétérosexuels parfaits. Mais étrangement, mon sentiment de dégout à leur égard se transformait petit à petit en ce que j’avais ressenti dans mon rêve. Et c’est à ce moment que je réalisai l’abominable vérité. C’était le jour de mon anniversaire, j’étais en train de subir l’opération, mais elle n’est pas seulement physique, elle est aussi mentale. Cela signifiait que je n’étais pas une exception, mais la règle générale. Toutes les personnes mineures ressentent la même chose que moi, c’est la pensée qu’ils sont les seuls et la peur de leur différence qui les empêchent de se réunir et de se révolter. De plus, l’éducation, l’apparence douteuse des sites et les commentaires haineux dès que quelqu’un ose se dévoiler doit venir du lavage de cerveau des adultes. C’est horrible, je ne veux pas devenir comme eux. Je ne veux pas disparaitre. Je dois résister…Mais c’est impossible n’est-ce pas ? Mes paupières sont lourdes… J’ai tellement sommeil.

Au revoir mes amis.

Adieu Camilia.

A jamais ma conscience et le monde.

Le choix d’une vie

Une nouvelle de Maëlle Renard, élève de 5e.

27 mai 2303 

Max écoutait les news. Et inlassablement, les mêmes informations se répétaient. Tous se demandaient combien de privilégiés ou Profiteurs allaient choisir de devenir des Donneurs cette année.

Max coupa la radio et se mit en route afin de rejoindre ses amis. Lui savait très bien que dans un mois, le jour du choix, il allait choisir d’être un Profiteur. Et même s’il avait seulement 14 ans, il allait continuer à faire cette décision  durant tous les autres jours de choix qui se présenteraient à lui. Effectivement tous les dix ans, chaque personne qui, comme Max, est une privilégiée, peut choisir d’être un Donneur ou un Profiteur. Comme peu de gens sont privilégiés, il y a donc beaucoup de personnes qui sont forcées de devenir des Donneurs. Max ne comprenait pas comment un privilégié comme lui pouvait décider de devenir Donneur.

Comme souvent, Max et son meilleur ami Lucas n’allèrent pas à l’école. Ils préférèrent jouer au foot. Pendant leur partie, Max s’amusa à démolir, à coups de penalty, la vitre d’un arrêt de bus. Lucas trouva cela très drôle et en cassa une à son tour. A la fin de leur match, tous les verres de l’abri étaient en mille morceaux. Ils s’en allèrent en laissant tout en plan. Ils savaient très bien que de toute façon des Donneurs viendraient tout réparer. Après le repas du soir, Max se réfugia directement dans sa chambre. Il souhaita bonne nuit à ses parents et comme à son habitude, regarda par la fenêtre. De son perchoir, il avait vue sur l’abri de bus qu’ils avaient démantibulé plus tôt dans la journée. Il sourit à ce souvenir. Un peu plus tard, il vit trois Donneurs arriver. Il les reconnut sans peine grâce au tablier brun taupe qui les accompagnait toujours. Ils se mirent tous les trois immédiatement au travail et bien vite l’abri reprit sa forme initiale. Tandis qu’un des Donneurs s’occupait d’enlever les débris de la vitre cassée par Max, celle-ci céda subitement et se fracassa brutalement sur le bras du Donneur. Max entendit son cri de douleur retentir dans la nuit, le sang commença à couler abondamment. Au même moment, un autre Profiteur intervint de sa maison, proférant des insultes innommables à l’égard du Donneur avant de refermer sa porte, comme si de rien n’était. Max lui ne pouvait pas lâcher cet homme des yeux jusqu’à ce que celui-ci passe le coin de la rue. Plus tard, il s’assit sur son lit et se coucha machinalement. Mais le sommeil ne vint pas : impossible d’enlever l’image de cet homme de son esprit.

Le lendemain matin, Max décida d’aller à l’école et promit de rejoindre ses parents le soir même. Aujourd’hui était un jour spécial. En effet, chaque mois, les Profiteurs avaient le droit de juger les repas préparés par les Donneurs. Si ces plats n’étaient pas au goût de ceux-ci, les Donneurs devaient alors jeûner en compensation. La société fonctionnait comme ça. Si les Donneurs ne faisaient pas bien leur travail, comme nourrir correctement les Profiteurs, ceux-ci devaient en payer les conséquences. Tout était une question d’équilibre qui devait rester maintenu à tout prix.

Le soir même, Max retrouva ses parents à table et commença à manger. Il savait comment le repas allait finir. Les Donneurs allaient de toute façon, quoi qu’il se passe, devoir jeûner. Max entendit son père se plaindre qu’il avait trouvé un cheveu dans sa soupe. Et ensuite Lucas cria qu’il avait trouvé un vers dans son morceau de steak. Il savait très bien que celui-ci l’avait placé lui-même dans son assiette. Les Profiteurs avaient toujours été injustes envers les Donneurs. Avant, cela ne le dérangeait pas, mais depuis qu’il avait vu cet homme gravement blessé par sa faute. Il se disait qu’il valait mieux peut-être les laisser manger à leur faim. A la fin du repas, on annonça que des Donneurs allaient effectivement devoir jeûner durant 3 jours. Les donneurs ne parurent pas étonnés. Il y en avait même quelques-uns qui souriaient. Ceux-là devaient peut-être se dire que c’étaient deux jours de moins que le mois passé.

Deux semaines passèrent durant lesquelles Max récupéra la confiance qu’il avait avant. Il prenait des somnifères avant de s’endormir et se concentrait plus que jamais sur ses études. Il allait encore de temps en temps jouer au foot, mais dorénavant ils ne jouaient plus jamais à proximité d’un arrêt de bus. De plus, il essayait de ne plus penser à l’homme qui avait un bras amoché par sa faute.

Un jour, tandis qu’il rentrait de l’école, il vit un tablier de Donneur traîné au sol. Il le ramassa sans raison particulière et arriva donc au repas accompagné du vêtement sacrilège. Il allait rejoindre sa table quand soudain un homme l’interpella. Cet homme était un Profiteur que Max connaissait de vue.

  • Remettez-moi ce tablier et amenez-moi un verre de cognac, lui ordonna l’homme.
  • Pardon ?

Max ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il était tout à fait décontenancé.

  • Ton rôle est de me servir alors tu vas me chercher ce verre !”
  • Mais monsieur, …
  • Père, que se passe-t-il ?

Il se trouvait que cet homme était le père d’un des camarades de classe de Max. Il s’attendait donc à ce que James l’innocente et explique à son père qu’il était un Profiteur et non un Donneur. Mais cela ne se passa pas du tout comme Max l’avait prévu.

  • Ah j’ai compris. Ecoute-moi bien… Mon père t’a demandé quelque chose, non ? Alors tu vas le chercher !
  • Mais James, c’est moi !
  • Tu appelles mon fils par son nom ? Tu mériterais une bonne correction, mais j’ai déjà perdu assez de temps à cause de toi. Tu m’apporteras ce verre à ma table, et tu ajouteras un verre de champagne pour ma femme.

Max ne répliqua rien, il était bien trop choqué pour cela. Il venait de vivre le quotidien d’un Donneur.  Il savait qu’il ne portait pas ses habits habituels et qu’il avait dans la main un tablier destiné aux Donneurs. Mais il pensait quand même qu’un de ses camarades de classe l’aurait reconnu. Et il se demanda donc si lui pourrait ne pourrait reconnaître ses amis sans leurs vêtements coûteux, un tablier à la main.

Max ne mangea pas ce soir-là. Il lui restait environ deux semaines avant le jour du choix. Et cela ne lui avait jamais semblé aussi compliqué.

Une semaine passa, durant laquelle le père de Max ne cessait de lui répéter à quel point il était heureux d’être un Profiteur et qu’il ne souhaitait rien d’autre pour son fils.

Il ne restait maintenant plus que quatre jours avant le jour du choix. Max et Lucas marchaient vers l’école quand Max aperçut un homme, le bras en écharpe. Il ne portait pas son tablier, mais Max l’aurait reconnu entre mille.  C’était le Donneur qui avait eu le bras sectionné à cause de lui.  Lucas, comme à son habitude, critiqua et donna son avis sur la personne et sur sa blessure mais Max pour une fois ne l’écouta pas et préféra suivre le Donneur.  Quand le Donneur le remarqua, il lui demanda d’un ton un peu sec :

  • Mon garçon, pourquoi me suis-tu ?

Max fut pris de court et ne sut pas tout de suite quoi répondre. Le Donneur lut sa panique dans ses yeux et il se radoucit tout de suite.

  • Tu es un Profiteur, n’est-ce pas ?

Max ne lâchait pas des yeux le bras de l’homme. Et lui posa la question :

  • Oui… Je dois faire mon choix dans quatre jours.
  • Tu sais avant, j’étais aussi un privilégié. Mais pourtant je suis devenu un Donneur. Tu dois surement te demander pourquoi, et me prendre pour un fou. Non ? lui demanda l’homme.

  Max hocha la tête.

  • Je suis devenu un Donneur parce que je ne voulais pas ressentir la sensation que tu ressens en ce moment. Je ne voulais plus jamais avoir honte de ce que j’étais et de ce que je faisais. J’avais honte de dépendre d’autres gens qui étaient à moitié réduits en esclavage. Alors oui, j’ai choisi d’être quelqu’un qui vit pour servir les autres mais qui lui, n’a pas honte de ce qu’il est.  Si j’avais choisi d’être un Profiteur, j’aurais été quelqu’un qui parle mal, qui est méchant ou encore quelqu’un qui se sert d’autrui tout en se cachant derrière les règles d’une société. Grâce au choix que j’ai fait, je me sens bien dans ma peau et je n’ai pas honte de ce que je suis.

Le Donneur s’en alla sans ajouter un mot et laissa Max seul avec ses questionnements. Il se demandait si cet homme avait compris qui il était. Et donc, s’il savait que c’était à cause de lui qu’il avait perdu l’usage partiel de son bras.

Les jours continuaient de passer, le jour du choix devenant de plus en plus proche.

Quand le fameux jour arriva, Max se rendit à la salle de choix avec ses parents. Dès l’entrée, il ne cessait d’hésiter et de se questionner. Lucas s’approcha de lui afin de lui expliquer la première chose qu’il allait faire en tant que Profiteur. Tout d’un coup, un Donneur éleva la voix et appela tous ceux qui devaient faire leurs choix. L’année de Max était la première à passer, il n’avait donc plus le temps de réfléchir à ce qu’il allait faire. Il devait absolument prendre sa décision dans quelques instants. Il entendit d’abord Lucas faire son choix et ensuite une de ses camarades de classe répondre la même chose. Tous répondaient qu’ils voulaient continuer à rester des Profiteurs. En même temps, cela n’étonnait personne. C’était dans la norme des choses étant donné que peu de privilégiés décidaient de devenir des Donneurs. S’il y avait autant de Donneurs, c’était parce qu’on ne leur octroyait pas le choix et que cela arrangeait bien l’autre classe.

Quand vint enfin son tour, il monta sur l’estrade tout en regardant autour de lui. Il vit son père l’observer avec plein d’espoir dans les yeux. Il aperçut aussi cet homme, celui qui lui avait fait comprendre que devenir un Donneur pouvait être un choix et non une obligation. Tous les regards étaient braqués sur lui. Partout où il regardait, il croisait au moins un regard.

Un Profiteur s’approcha de lui, et lui posa cette question qui allait définir tout le reste de sa vie.

  • Max, veux-tu devenir un Profiteur ou un Donneur ?

Il ne répondit pas tout de suite. Il regardait autour de lui en espérant avoir une révélation. Puis après une bonne minute de silence, il répondit :

  • Un Donneur.

Effroi aux By : les oies se sont volatilisées !

Les oies, dont on vous parlait dans un précédent article, semblent avoir quitté le site des Bruyères. En tout cas, depuis le congé de Carnaval, personne ne les y a revues. Mme Dromelet, directrice adjointe, espère que personne n’a éliminé ces oiseaux dont elle s’est, semble-t-il, entichée.  

Cette histoire a été l’occasion pour quelques membres du corps enseignant de se positionner clairement en faveur de la condition animale. Tout naturellement, le ByBiSix tient à vous faire part de la belle initiative qui en est née : ces professeurs engagés ont décidé de soutenir l’association Patrimoine Nature en vendant du foie gras artisanal dès ce vendredi ! Les profits collectés seront intégralement versés à l’association, qui défend la nature dans les communes de Malmedy, Stavelot, Trois-Ponts & Waimes.

Faisant fi des traditions, le Lycée vous propose donc, pour égayer votre repas pascal, un met de choix et de qualité : le foie gras LMV ! Un foie gras 100 % local, artisanal et éthique, en édition limitée.

Le bocal de 125g est au prix de 10.20 €.  

Toute commande est à passer à : atelierjournalisme.lmv@gmail.com 

N’oubliez pas de venir retirer votre commande avant votre repas !

Le ByBiSix, heureux de vous avoir proposé son premier « poisson d’avril! »

« Une enquête policière qui brille par son originalité »

Une critique d’Apolline Thiry

C’est quoi l’histoire ?

Aiden Bishop se réveille, amnésique, dans une grande propriété qui lui est inconnue. Condamné à revivre la même journée, il doit, en sept jours, élucider le meurtre de l’hôtesse, Evelyn Hardcastle. Entrainé contre son gré dans cette course contre la montre, notre héros devra faire preuve d’adresse afin de découvrir le meurtrier avant ses concurrents.

Cette enquête policière, empreinte de fantasy, nous emmène découvrir une des plus belles époques de la culture anglaise, et met en scène des personnages hauts en couleur, évoluant dans les couloirs et salons de la luxueuse demeure des Hardcastle.

Pourquoi j’aime ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ma lecture, c’est le style de l’auteur, Stuart Turton, soigné et riche en vocabulaire varié. Le personnage principal est attachant et habilement décrit. Cette enquête policière brille par son originalité, entre épopée familiale et fantastique. Suspense et mystère vous tiendront en haleine jusqu’à la dernière page.

“J’étais vraiment triste de finir mes humanités comme ça !”

Leur voyage rhéto a été annulé le 24 février. Ils·elles étaient 42 élèves à avoir fait le choix de l’Italie du Nord pour leur dernier périple avec le Lycée. Ils·elles s’imaginaient déjà arpenter Milan et les contours du lac de Garde avec leurs ami·e·s et quelques professeur·e·s. Et puis un pass vaccinal à trois doses exigé par l’Italie est venu tout chambouler.

Trois élèves ont accepté de répondre à nos questions. Rencontre avec Nele Corten, Alice de Praetere et Camille Bekkers.

ByBiSix : quelle a été ta réaction quand tu as appris l’annulation de ton voyage ?

Nele : Sur le moment, j’y croyais absolument pas. En plus, la guerre en Ukraine avait été annoncée le jour même, donc c’était vraiment un enchaînement de mauvaises nouvelles. Cela me paraissait irréelle…

Alice : J’ai été déçue. J’avais fait une longue démarche pour rentrer dans le voyage et c’était vraiment un miracle de pouvoir y participer. En plus, comme la retraite avait aussi été annulée, j’étais vraiment triste de finir mes humanités comme ça.

ByBiSix : Qu’attendais-tu de ce voyage ?

Alice : Rencontrer les gens de l’école que je vois depuis des années de loin mais à qui je n’ai jamais eu l’occasion de parler, rencontrer les profs dans un autre cadre que le scolaire, découvrir l’Italie, apprendre des choses sur le pays, avoir une dernière bonne expérience avec l’école pour partir avec des bons souvenirs,…

ByBiSix : comment l’information t’a-t-elle été communiquée ?

Camille : J’ai d’abord entendu des rumeurs selon lesquelles le voyage était annulé. Et le mail envoyé par l’école aux parents a confirmé ces bruits de couloir…

ByBiSix : as-tu contesté la décision? Si oui, comment ?

Alice : Non je pense que ça n’aurait servi à rien, ce n’était pas du ressort de la direction, c’était une question de pass vaccinal, sur lequel on n’a aucune influence.

ByBiSix : Organisez-vous un voyage par vous-mêmes ?

Camille : Oui, avec des amies, on s’est dit qu’il fallait qu’on organise notre voyage rhéto. On part à Barcelone. Il y aura quand même des découvertes culturelles, on ne va pas juste glander sur la plage !

NDLR : pas de bol pour Camille, son frère, Guillaume, nous apprend qu’elle ne pourra pas participer à son propre voyage en raison d’un stage !

ByBiSix : quel est ton sentiment par rapport aux rhétos qui avaient choisi le voyage en Croatie et dont le voyage est maintenu ?

Alice : Je suis contente pour eux ! Mais je trouve que, depuis le début, ce projet de voyage rhéto amène pas mal d’injustice entre nous : d’abord parce qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, et ensuite parce que certains voyages sont annulés.

Nele : J’ai un peu la haine mais je ne leur en veux, évidement, pas ! C’est plutôt la situation globale qui me frustre, surtout que maintenant on pourrait y aller car les mesures sont moins strictes…sauf que c’est trop tard, tout est annulé. Je suis quand même contente que certains aient la chance d’avoir leur voyage. En plus, ce n’était pas le voyage que je voulais donc je ne les envie pas spécialement!

Une interview de Clara Veithen