Le choix d’une vie

Une nouvelle de Maëlle Renard, élève de 5e.

27 mai 2303 

Max écoutait les news. Et inlassablement, les mêmes informations se répétaient. Tous se demandaient combien de privilégiés ou Profiteurs allaient choisir de devenir des Donneurs cette année.

Max coupa la radio et se mit en route afin de rejoindre ses amis. Lui savait très bien que dans un mois, le jour du choix, il allait choisir d’être un Profiteur. Et même s’il avait seulement 14 ans, il allait continuer à faire cette décision  durant tous les autres jours de choix qui se présenteraient à lui. Effectivement tous les dix ans, chaque personne qui, comme Max, est une privilégiée, peut choisir d’être un Donneur ou un Profiteur. Comme peu de gens sont privilégiés, il y a donc beaucoup de personnes qui sont forcées de devenir des Donneurs. Max ne comprenait pas comment un privilégié comme lui pouvait décider de devenir Donneur.

Comme souvent, Max et son meilleur ami Lucas n’allèrent pas à l’école. Ils préférèrent jouer au foot. Pendant leur partie, Max s’amusa à démolir, à coups de penalty, la vitre d’un arrêt de bus. Lucas trouva cela très drôle et en cassa une à son tour. A la fin de leur match, tous les verres de l’abri étaient en mille morceaux. Ils s’en allèrent en laissant tout en plan. Ils savaient très bien que de toute façon des Donneurs viendraient tout réparer. Après le repas du soir, Max se réfugia directement dans sa chambre. Il souhaita bonne nuit à ses parents et comme à son habitude, regarda par la fenêtre. De son perchoir, il avait vue sur l’abri de bus qu’ils avaient démantibulé plus tôt dans la journée. Il sourit à ce souvenir. Un peu plus tard, il vit trois Donneurs arriver. Il les reconnut sans peine grâce au tablier brun taupe qui les accompagnait toujours. Ils se mirent tous les trois immédiatement au travail et bien vite l’abri reprit sa forme initiale. Tandis qu’un des Donneurs s’occupait d’enlever les débris de la vitre cassée par Max, celle-ci céda subitement et se fracassa brutalement sur le bras du Donneur. Max entendit son cri de douleur retentir dans la nuit, le sang commença à couler abondamment. Au même moment, un autre Profiteur intervint de sa maison, proférant des insultes innommables à l’égard du Donneur avant de refermer sa porte, comme si de rien n’était. Max lui ne pouvait pas lâcher cet homme des yeux jusqu’à ce que celui-ci passe le coin de la rue. Plus tard, il s’assit sur son lit et se coucha machinalement. Mais le sommeil ne vint pas : impossible d’enlever l’image de cet homme de son esprit.

Le lendemain matin, Max décida d’aller à l’école et promit de rejoindre ses parents le soir même. Aujourd’hui était un jour spécial. En effet, chaque mois, les Profiteurs avaient le droit de juger les repas préparés par les Donneurs. Si ces plats n’étaient pas au goût de ceux-ci, les Donneurs devaient alors jeûner en compensation. La société fonctionnait comme ça. Si les Donneurs ne faisaient pas bien leur travail, comme nourrir correctement les Profiteurs, ceux-ci devaient en payer les conséquences. Tout était une question d’équilibre qui devait rester maintenu à tout prix.

Le soir même, Max retrouva ses parents à table et commença à manger. Il savait comment le repas allait finir. Les Donneurs allaient de toute façon, quoi qu’il se passe, devoir jeûner. Max entendit son père se plaindre qu’il avait trouvé un cheveu dans sa soupe. Et ensuite Lucas cria qu’il avait trouvé un vers dans son morceau de steak. Il savait très bien que celui-ci l’avait placé lui-même dans son assiette. Les Profiteurs avaient toujours été injustes envers les Donneurs. Avant, cela ne le dérangeait pas, mais depuis qu’il avait vu cet homme gravement blessé par sa faute. Il se disait qu’il valait mieux peut-être les laisser manger à leur faim. A la fin du repas, on annonça que des Donneurs allaient effectivement devoir jeûner durant 3 jours. Les donneurs ne parurent pas étonnés. Il y en avait même quelques-uns qui souriaient. Ceux-là devaient peut-être se dire que c’étaient deux jours de moins que le mois passé.

Deux semaines passèrent durant lesquelles Max récupéra la confiance qu’il avait avant. Il prenait des somnifères avant de s’endormir et se concentrait plus que jamais sur ses études. Il allait encore de temps en temps jouer au foot, mais dorénavant ils ne jouaient plus jamais à proximité d’un arrêt de bus. De plus, il essayait de ne plus penser à l’homme qui avait un bras amoché par sa faute.

Un jour, tandis qu’il rentrait de l’école, il vit un tablier de Donneur traîné au sol. Il le ramassa sans raison particulière et arriva donc au repas accompagné du vêtement sacrilège. Il allait rejoindre sa table quand soudain un homme l’interpella. Cet homme était un Profiteur que Max connaissait de vue.

  • Remettez-moi ce tablier et amenez-moi un verre de cognac, lui ordonna l’homme.
  • Pardon ?

Max ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il était tout à fait décontenancé.

  • Ton rôle est de me servir alors tu vas me chercher ce verre !”
  • Mais monsieur, …
  • Père, que se passe-t-il ?

Il se trouvait que cet homme était le père d’un des camarades de classe de Max. Il s’attendait donc à ce que James l’innocente et explique à son père qu’il était un Profiteur et non un Donneur. Mais cela ne se passa pas du tout comme Max l’avait prévu.

  • Ah j’ai compris. Ecoute-moi bien… Mon père t’a demandé quelque chose, non ? Alors tu vas le chercher !
  • Mais James, c’est moi !
  • Tu appelles mon fils par son nom ? Tu mériterais une bonne correction, mais j’ai déjà perdu assez de temps à cause de toi. Tu m’apporteras ce verre à ma table, et tu ajouteras un verre de champagne pour ma femme.

Max ne répliqua rien, il était bien trop choqué pour cela. Il venait de vivre le quotidien d’un Donneur.  Il savait qu’il ne portait pas ses habits habituels et qu’il avait dans la main un tablier destiné aux Donneurs. Mais il pensait quand même qu’un de ses camarades de classe l’aurait reconnu. Et il se demanda donc si lui pourrait ne pourrait reconnaître ses amis sans leurs vêtements coûteux, un tablier à la main.

Max ne mangea pas ce soir-là. Il lui restait environ deux semaines avant le jour du choix. Et cela ne lui avait jamais semblé aussi compliqué.

Une semaine passa, durant laquelle le père de Max ne cessait de lui répéter à quel point il était heureux d’être un Profiteur et qu’il ne souhaitait rien d’autre pour son fils.

Il ne restait maintenant plus que quatre jours avant le jour du choix. Max et Lucas marchaient vers l’école quand Max aperçut un homme, le bras en écharpe. Il ne portait pas son tablier, mais Max l’aurait reconnu entre mille.  C’était le Donneur qui avait eu le bras sectionné à cause de lui.  Lucas, comme à son habitude, critiqua et donna son avis sur la personne et sur sa blessure mais Max pour une fois ne l’écouta pas et préféra suivre le Donneur.  Quand le Donneur le remarqua, il lui demanda d’un ton un peu sec :

  • Mon garçon, pourquoi me suis-tu ?

Max fut pris de court et ne sut pas tout de suite quoi répondre. Le Donneur lut sa panique dans ses yeux et il se radoucit tout de suite.

  • Tu es un Profiteur, n’est-ce pas ?

Max ne lâchait pas des yeux le bras de l’homme. Et lui posa la question :

  • Oui… Je dois faire mon choix dans quatre jours.
  • Tu sais avant, j’étais aussi un privilégié. Mais pourtant je suis devenu un Donneur. Tu dois surement te demander pourquoi, et me prendre pour un fou. Non ? lui demanda l’homme.

  Max hocha la tête.

  • Je suis devenu un Donneur parce que je ne voulais pas ressentir la sensation que tu ressens en ce moment. Je ne voulais plus jamais avoir honte de ce que j’étais et de ce que je faisais. J’avais honte de dépendre d’autres gens qui étaient à moitié réduits en esclavage. Alors oui, j’ai choisi d’être quelqu’un qui vit pour servir les autres mais qui lui, n’a pas honte de ce qu’il est.  Si j’avais choisi d’être un Profiteur, j’aurais été quelqu’un qui parle mal, qui est méchant ou encore quelqu’un qui se sert d’autrui tout en se cachant derrière les règles d’une société. Grâce au choix que j’ai fait, je me sens bien dans ma peau et je n’ai pas honte de ce que je suis.

Le Donneur s’en alla sans ajouter un mot et laissa Max seul avec ses questionnements. Il se demandait si cet homme avait compris qui il était. Et donc, s’il savait que c’était à cause de lui qu’il avait perdu l’usage partiel de son bras.

Les jours continuaient de passer, le jour du choix devenant de plus en plus proche.

Quand le fameux jour arriva, Max se rendit à la salle de choix avec ses parents. Dès l’entrée, il ne cessait d’hésiter et de se questionner. Lucas s’approcha de lui afin de lui expliquer la première chose qu’il allait faire en tant que Profiteur. Tout d’un coup, un Donneur éleva la voix et appela tous ceux qui devaient faire leurs choix. L’année de Max était la première à passer, il n’avait donc plus le temps de réfléchir à ce qu’il allait faire. Il devait absolument prendre sa décision dans quelques instants. Il entendit d’abord Lucas faire son choix et ensuite une de ses camarades de classe répondre la même chose. Tous répondaient qu’ils voulaient continuer à rester des Profiteurs. En même temps, cela n’étonnait personne. C’était dans la norme des choses étant donné que peu de privilégiés décidaient de devenir des Donneurs. S’il y avait autant de Donneurs, c’était parce qu’on ne leur octroyait pas le choix et que cela arrangeait bien l’autre classe.

Quand vint enfin son tour, il monta sur l’estrade tout en regardant autour de lui. Il vit son père l’observer avec plein d’espoir dans les yeux. Il aperçut aussi cet homme, celui qui lui avait fait comprendre que devenir un Donneur pouvait être un choix et non une obligation. Tous les regards étaient braqués sur lui. Partout où il regardait, il croisait au moins un regard.

Un Profiteur s’approcha de lui, et lui posa cette question qui allait définir tout le reste de sa vie.

  • Max, veux-tu devenir un Profiteur ou un Donneur ?

Il ne répondit pas tout de suite. Il regardait autour de lui en espérant avoir une révélation. Puis après une bonne minute de silence, il répondit :

  • Un Donneur.

Effroi aux By : les oies se sont volatilisées !

Les oies, dont on vous parlait dans un précédent article, semblent avoir quitté le site des Bruyères. En tout cas, depuis le congé de Carnaval, personne ne les y a revues. Mme Dromelet, directrice adjointe, espère que personne n’a éliminé ces oiseaux dont elle s’est, semble-t-il, entichée.  

Cette histoire a été l’occasion pour quelques membres du corps enseignant de se positionner clairement en faveur de la condition animale. Tout naturellement, le ByBiSix tient à vous faire part de la belle initiative qui en est née : ces professeurs engagés ont décidé de soutenir l’association Patrimoine Nature en vendant du foie gras artisanal dès ce vendredi ! Les profits collectés seront intégralement versés à l’association, qui défend la nature dans les communes de Malmedy, Stavelot, Trois-Ponts & Waimes.

Faisant fi des traditions, le Lycée vous propose donc, pour égayer votre repas pascal, un met de choix et de qualité : le foie gras LMV ! Un foie gras 100 % local, artisanal et éthique, en édition limitée.

Le bocal de 125g est au prix de 10.20 €.  

Toute commande est à passer à : atelierjournalisme.lmv@gmail.com 

N’oubliez pas de venir retirer votre commande avant votre repas !

Le ByBiSix, heureux de vous avoir proposé son premier « poisson d’avril! »

« Une enquête policière qui brille par son originalité »

Une critique d’Apolline Thiry

C’est quoi l’histoire ?

Aiden Bishop se réveille, amnésique, dans une grande propriété qui lui est inconnue. Condamné à revivre la même journée, il doit, en sept jours, élucider le meurtre de l’hôtesse, Evelyn Hardcastle. Entrainé contre son gré dans cette course contre la montre, notre héros devra faire preuve d’adresse afin de découvrir le meurtrier avant ses concurrents.

Cette enquête policière, empreinte de fantasy, nous emmène découvrir une des plus belles époques de la culture anglaise, et met en scène des personnages hauts en couleur, évoluant dans les couloirs et salons de la luxueuse demeure des Hardcastle.

Pourquoi j’aime ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ma lecture, c’est le style de l’auteur, Stuart Turton, soigné et riche en vocabulaire varié. Le personnage principal est attachant et habilement décrit. Cette enquête policière brille par son originalité, entre épopée familiale et fantastique. Suspense et mystère vous tiendront en haleine jusqu’à la dernière page.

“J’étais vraiment triste de finir mes humanités comme ça !”

Leur voyage rhéto a été annulé le 24 février. Ils·elles étaient 42 élèves à avoir fait le choix de l’Italie du Nord pour leur dernier périple avec le Lycée. Ils·elles s’imaginaient déjà arpenter Milan et les contours du lac de Garde avec leurs ami·e·s et quelques professeur·e·s. Et puis un pass vaccinal à trois doses exigé par l’Italie est venu tout chambouler.

Trois élèves ont accepté de répondre à nos questions. Rencontre avec Nele Corten, Alice de Praetere et Camille Bekkers.

ByBiSix : quelle a été ta réaction quand tu as appris l’annulation de ton voyage ?

Nele : Sur le moment, j’y croyais absolument pas. En plus, la guerre en Ukraine avait été annoncée le jour même, donc c’était vraiment un enchaînement de mauvaises nouvelles. Cela me paraissait irréelle…

Alice : J’ai été déçue. J’avais fait une longue démarche pour rentrer dans le voyage et c’était vraiment un miracle de pouvoir y participer. En plus, comme la retraite avait aussi été annulée, j’étais vraiment triste de finir mes humanités comme ça.

ByBiSix : Qu’attendais-tu de ce voyage ?

Alice : Rencontrer les gens de l’école que je vois depuis des années de loin mais à qui je n’ai jamais eu l’occasion de parler, rencontrer les profs dans un autre cadre que le scolaire, découvrir l’Italie, apprendre des choses sur le pays, avoir une dernière bonne expérience avec l’école pour partir avec des bons souvenirs,…

ByBiSix : comment l’information t’a-t-elle été communiquée ?

Camille : J’ai d’abord entendu des rumeurs selon lesquelles le voyage était annulé. Et le mail envoyé par l’école aux parents a confirmé ces bruits de couloir…

ByBiSix : as-tu contesté la décision? Si oui, comment ?

Alice : Non je pense que ça n’aurait servi à rien, ce n’était pas du ressort de la direction, c’était une question de pass vaccinal, sur lequel on n’a aucune influence.

ByBiSix : Organisez-vous un voyage par vous-mêmes ?

Camille : Oui, avec des amies, on s’est dit qu’il fallait qu’on organise notre voyage rhéto. On part à Barcelone. Il y aura quand même des découvertes culturelles, on ne va pas juste glander sur la plage !

NDLR : pas de bol pour Camille, son frère, Guillaume, nous apprend qu’elle ne pourra pas participer à son propre voyage en raison d’un stage !

ByBiSix : quel est ton sentiment par rapport aux rhétos qui avaient choisi le voyage en Croatie et dont le voyage est maintenu ?

Alice : Je suis contente pour eux ! Mais je trouve que, depuis le début, ce projet de voyage rhéto amène pas mal d’injustice entre nous : d’abord parce qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, et ensuite parce que certains voyages sont annulés.

Nele : J’ai un peu la haine mais je ne leur en veux, évidement, pas ! C’est plutôt la situation globale qui me frustre, surtout que maintenant on pourrait y aller car les mesures sont moins strictes…sauf que c’est trop tard, tout est annulé. Je suis quand même contente que certains aient la chance d’avoir leur voyage. En plus, ce n’était pas le voyage que je voulais donc je ne les envie pas spécialement!

Une interview de Clara Veithen

“J’ai été grailler avec mon daron, ma daronne et toute ma mif au resto.”

Leçon 3

Daron/daronne : le daron, c’est le père et, du coup, logiquement la daronne, c’est la mère. Daron est un terme bien plus ancien qu’il n’y paraît : c’était déjà un mot d’argot au 18e siècle et on soupçonne qu’il existait bien avant. Il semblerait qu’il fût une espèce de mot-valise, soit le croisement de deux mots : dam (le seigneur) et baron.

Grailler : cela signifie “faire bonne chaire” ou “se régaler” en langage moins soutenu, “manger un bon repas” en langage clair. Le verbe est apparu dans les années 1940 et vient de “graillon” qui signifie nourriture. Grailler désigne aussi le cri de la corneille mais attention, dans ce cas, c’est un verbe intransitif. Inutile de tenter quelque chose du genre “je graille ma haine du monde”, ça ne veut rien dire.

Mif : c’est tout simplement la famille en verlan. On l’utilise également pour parler d’un ami proche que l’on considère comme faisant parti de la famille.

Voici quelques petits conseils pour une utilisation pertinente et digne :

En classe : si tu continues à défier mon autorité, je vais appeler ton daron ou ta daronne !

Lors de l’intercours : je vous rappelle que le ROI interdit de grailler dans les locaux.

À la rentrée : est-ce que tu ne serais pas de le même mif que Bernard, toi ?

Une explication de Gaspar Lambert et Guillaume Bekkers.

« Plongée au coeur d’un univers inconnu »

Une critique de Clara Veithen

Animal Tatoo, c’est quoi ?

Animal  tatoo est ma série de livres préférée. La saison 1 est composée de sept livres et la saison 2 en contient neuf.  Seize livres peut vous paraître énorme mais chaque livre est plutôt fin, rassurez-vous. Une autre spécificité de la série réside dans le nombre d’auteurs qu’elle compte : pas moins de huit écrivains se retrouvent derrière le nom d’Animal tatoo (pour la saison 1 tout du moins). Avec huit auteurs, la vision de l’histoire est sans cesse renouvelée car chaque tome possède une aura bien spécifique, propre à son auteur. Ainsi, parfois les auteurs délaissent certains détails qui seront plus approfondis dans le livre qui suit… et cela fait toute la différence. 

Le tome 1, Les quatre élus, né sous la plume de Brandon Mull, nous emporte dans un monde des plus spécifiques : le monde de l’Erdas. Là-bas, lorsque l’on fête son 11ème anniversaire, une cérémonie est organisée avec tous ceux et toutes celles fêtant leurs 11 ans dans le mois. Cette cérémonie, la cérémonie du nectar, est un passage important pour les habitants de l’Erdas car elle est synonyme d’entrée dans l’âge adulte.  Si rien ne se passe, le lendemain de la cérémonie du nectar, on reprend notre vie en étant considéré·e comme adulte par sa communauté mais si l’EVENEMENT que tout le monde attend, que tout le monde espère, celui qui est si rare et qui peut chambouler votre vie à jamais se produit, ce sera à vous de choisir : rejoindrez-vous les capes vertes, le groupe de ceux et celles qui protègent le monde entier, ceux et celles qui sont adulé·es, adoré·es,  ceux et celles qui ont sauvé le monde de la menace du dévoreur, ceux qui sont les héros et les héroïnes de l’Erdas ? Ou continuerez-vous simplement votre route avec votre nouveau compagnon ?  Oui, oui, votre nouveau compagnon ! Car si la cérémonie fonctionne, vous serez à jamais lié·e à votre animal totem. Tigre, ours, singe, élan, chat, chien, souris,… qui sera votre animal totem?  

Meilin, une noble venant du Zong ; Rollan, un orphelin originaire de l’Amaya ; Abéké, chasseuse hors paire et fille du chef d’un village du Nilo ainsi que Connor, berger paisible de l’Eura verront leur destins s’entremêler lors de leur cérémonie repective. Tous les quatre vont réveiller des légendes qu’on pensait perdues à tout jamais. Ensemble, ils devront affronter une menace venue tout droit des temps anciens, l’avenir de l’Erdas repose entre leur mains. 

 “Animal tatoo” : pourquoi j’aime autant ? 

Ce premier tome nous plonge directement au coeur d’un univers inconnu. Au fil des pages, grâce aux descriptions de Brandon Mull, ce décor nous devient de plus en plus familier. Progressivement aussi, on s’identifie aux personnages : certain·es sont matures, d’autres naïfs·ves, certain·es gentil·les et prévenant·es, d’autres froid·es et distant·es.

Foncièrement surtout, ces héros et héroïnes n’en restent pas moins des enfants pour qui tout change trop rapidement, qui sont jetés dans l’inconnu, dans une cage à lions, sans les repères qu’ils ont dû abandonner pour une vie qu’ils n’avaient pas vraiment demandée mais qu’ils avaient – tout de même – osé espérer.  Je trouve cela rafraichissant de rencontrer des personnages qui ne font pas semblant de comprendre ce qu’il leur arrive, qui avouent plusieurs fois qu’ils n’étaient pas prêt·es, qu’ils ne se sentent pas taillé·és pour ça. Je trouve cela humain que chacun·e ait une pointe de jalousie envers les autres à un moment donné car selon moi, les héros ou les héroïnes qui frôlent la perfection sont bien trop répandu·es.

Enfin, j’apprécie la relation entre les enfants et les adultes. Souvent, ces derniers sont, soit quasi absents de la vie des héros/héroïnes  ou, au contraire, bien trop impliqués dans celle-ci. Dans Animal Tatoo , les adultes sont présents mais laissent les héros et héroïnes autonomes.  Ils ont compris les forces et les faiblesses de chaque enfant, ses fêlures aussi et s’engagent à les épauler, même si leur rencontre est récente.  

“Mon père et mon oncle sont là-bas pour faire la guerre.” 

La guerre en Europe, au Lycée, on a l’habitude d’en parler.  
Mais toujours au passé.  
L’actualité nous oblige à la conjuguer de nouveau au présent.
Et ça nous bouleverse. 

Le ByBiSix est parti à la rencontre d’élèves du Lycée directement concerné·e·s par le conflit en Ukraine. Nous voulions écouter leur vécu actuel. 

Illia Yablunivskyi et Olessya Dessard sont tous les deux en 5è, dans des classes différentes. Illia est né en Ukraine et a vécu jusqu’à ses neuf ans à Kiev avant d’arriver en Belgique avec sa maman. Il retournait très fréquemment voir son papa et le reste de sa famille, resté en Ukraine.  Olessya est, elle, née en Belgique. Sa maman est ukrainienne, de Kiev aussi. Olessya allait une à deux fois par an en Ukraine, pendant les vacances.  

ByBiSix : Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis le début du conflit ? 

Illia : pour nous, la guerre a commencé en 2014 avec l’annexion de la Crimée ! Mais cette guerre alors ne touchait pas la centre de l’Ukraine, proche de l’Europe, c’était à la frontière orientale. Jusqu’à février de cette année, on pouvait encore circuler librement mais maintenant, ce n’est plus possible et donc ma famille est venue ici et ils vivent avec nous mais seulement les femmes et les enfants… Mon père et mon oncle sont là-bas pour faire la guerre… 

ByBiSix  : Comment vis-tu cette situation ? 

Illia : je ressens de la culpabilité parce que ma famille et mon père doivent traverser cela alors que nous, nous vivons ici. Comparé à l’Ukraine, ici, c’est le paradis…. Je me sens coupable de ne pas y être. Je suis aussi stressé pour eux : je ne sais quelle est la situation pour eux, ce qu’il en est de jour en jour. Par exemple, pour mon oncle, on ne peut pas savoir où il est : c’est confidentiel, les lignes téléphoniques sont sur écoute et donc on ne sait pas si il y a une attaque dans une ville ou dans une autre. 

ByBiSix: Aurais-tu pris les armes si tu avais été là-bas ? 

Illia : oui, je l’aurais fait si j’avais eu 18 ans et que j’étais resté là-bas… 

ByBiSix : Sans formation militaire ? 

Illia : ben oui ! Les hommes de 18 à 60 ans doivent rester là-bas, donc si j’avais été là-bas, je n’aurais pas quitté l’Ukraine et puis quand je vois l’héroïsme de ces gens, j’aurais voulu me joindre à eux… mais je suis en Belgique et j’ai 17 ans. 

ByBiSix : Et toi, Olessya, comment tu te sens depuis l’invasion ? 

Moi, quand je rentre chez moi, c’est le journal H24, ma mère, elle n’en peut plus : elle pleure tout le temps. Ma famille sur place est enfermée chez elle depuis 3 semaines (NDLR, l’ITW a été réalisée le 21 mars) et il y en a qui sont âgés… tous mes cousins, mes oncles et tantes, nos amis, les enfants des amis de ma maman sont en Ukraine et puis, il y a le meilleur ami de maman qui est là-bas et qui combat. Parfois, on n’a pas de nouvelles de lui pendant deux semaines, c’est super stressant. D’autres membres de la famille se sont réfugiés en Pologne ou en Allemagne. Du coup, pour ceux sur place, la valise est déjà prête pour partir car Poutine dit parfois qu’il arrête les combats pour laisser les gens partir et puis il tire quand même. En quelques secondes, on peut perdre quelqu’un. C’est difficile. 

ByBiSix :  Vous vous informez sur le sujet mais en soi, quand vous regardez la complexité du problème est-ce que vous pensez pouvoir le maitriser et en parler très librement ?  

Olessya :  je peux répondre que oui.  Ma mère en parle tout le temps, à table. Quand je rentre, il y a la presse, les contacts avec ma famille, ma mère m’explique, elle est bien informée, je crois. On en parle beaucoup, je regarde le journal tard le soir, je ne dors pas beaucoup pour le moment. Je crois que je suis bien informée. Maintenant, est-ce que je peux en parler librement ? Ça je ne sais pas si je peux l’expliquer correctement mais, au fond de moi, je sais ce qui se passe. 

Illia : je suis l’actualité, je ne suis pas un professionnel de la politique et je ne sais pas vraiment comment décrire ou proposer des solutions, on ne sait pas concrètement finalement pourquoi on est attaqué mais je me sens bien informé. J’ai aussi connaissance de ce que la propagande officielle de Poutine diffuse à la population russe. 

ByBiSix  : et vos amis ? Ils vous en parlent ? 

Les deux : oui, ils nous demandent des nouvelles de nos familles. Souvent. Les très bons amis. 

ByBiSix : Est-ce que le regard sur vous a changé depuis la généralisation du conflit ?

Illia : j’ai envie de croire que non. Mais je pense que c’est un peu le cas. Je ne sais pas ce que les autres élèves ressentent par rapport à cela… un peu de pitié… cela m’énerve mais … c’est inévitable. 

 ByBiSix: La guerre a-t-elle été évoquée dans les cours ?  Pensez-vous que le Lycée informe suffisamment et correctement sur ce qui se passe ? 

Illia : je trouve que l’école n’informe pas assez.  Elle devrait sensibiliser plus les élèves par rapport à cela car il y a plein de fausses informations qui circulent et il y en a plein qui ne savent pas vraiment ce qui se passe : ils savent qu’il y a une guerre et c’est tout ! On en a un peu parlé en Histoire et on a eu un cours en Géo sur le conflit depuis le début, depuis 2004. J’ai apprécié ce geste. C’était bien. Par contre, rien dans les autres cours. 

Olessya : Je pense aussi que les profs ont peur d’en parler et de donner de fausses infos. D’après moi, ils montrent des vidéos pour ne pas devoir s’exprimer directement.  

Une rencontre de Clara Veithen, Cyanne Irakoze et Stéphanie Villers 

Cette peur et ces doutes, le ByBiSix les a connus également avant de se lancer dans la rédaction de cet article. Nous avons rapidement décidé d’axer nos questions sur le ressenti des élèves interviewé·e·s et non sur leur opinion sur le conflit. La plupart de nos questions ont été rédigées avec le souci de pouvoir être posées à la fois à des élèves d’origine ukrainienne et à des élèves d’origine russe. Le hasard a fait que nous n’avons pas su interroger d’élèves russes. Nous restons évidemment disposé·e·s à recueillir leur vécu sur la situation actuelle. 

Notre édito de « naissance », le 2/2/2022

ByBiSix.

Trois syllabes pour un journal.
Trois syllabes pour deux implantations, Bruyères et Biéreau, et six années de formation.
Trois syllabes pour un nouveau regard sur le Lycée.

Ca y est ! On vous le présente, notre ByBi !
Cinq mois de préparation qui aboutissent aujourd’hui !
Cinq mois où nous avons vu une équipe se former, collaborer au-delà des différences d’âges, se découvrir des compétences, prendre confiance, …
Cinq mois aussi où nous avons dû faire face à quelques revers : une caméra qui filme sans son, une autre au ralenti, des montages presque finis qui disparaissent, un rapport au temps différent pour les uns et les autres, des interlocuteurs difficiles à joindre, …

Ah ça ! On en a surmonté des obstacles pour y parvenir. Et pourtant, il est là ! Sous vos yeux ! Et nous pouvons en être fiers ! Et tout ça grâce à notre formidable équipe de journalistes ! Charlotte, Cédric, Aliénor, Guillaume,  Amalia, Gaspar, Clémentine, Cyanne, Gabriel, Aurore, Clara, Emmanuella, Sean, Lola et Enguerrand. 15 élèves de la 1ère à la 5e qui sont venus le mercredi après-midi, et même parfois durant les semaines de délibérations. Ils ont interrogé, enquêté, rédigé, réalisé des vidéos. Tout ça pour créer un média original ! Bravo à elles et à eux !

Notre équipe fondatrice (pas au complet)

L’édito de mars

Le ByBiSix a presque deux mois !  

Il a gagné ses premiers lecteurs dans une actualité particulière, entre pandémie et guerre. Certains pourraient s’étonner de l’absence d’articles traitant directement de ces sujets. Et c’est pourquoi, il nous semblait important de décrire l’angle de notre journal.  

Le BybiSix est volontairement un journal orienté sur la vie du Lycée, les sujets sont choisis en comité de rédaction par les journalistes eux-mêmes, selon leurs questionnements, leurs envies, leurs observations… Ainsi, si la volonté est exprimée de traiter un sujet d’actualité, il le sera toujours par le prisme de son vécu dans notre école.  

Derrière cela, il y aussi la volonté de proposer des articles originaux, qui ne seraient en aucun cas, des ersatz de médias professionnels.  

 Le ByBiSix a presque deux mois, donc !  

Il grandit, évolue et s’affirme chaque jour un peu plus dans sa démarche et dans ses objectifs !  

Bonne lecture ! 

Stéphanie et Stéphanie