Chronique d’une élève de première.

Après le témoignage sur sa rentrée, nous retrouvons cette élève de première dans la découverte du secondaire. Pour lui permettre d’être la plus libre possible dans ses propos, nous garderons son identité anonyme.

Chapitre 2 : Le premier bulletin.

Depuis plus de deux semaines, on s’applique aux contrôles sachant que tout compte pour notre bulletin. Notre PREMIER bulletin, le plus important. Non pas pour les raisons dont l’école vous baratine les oreilles, mais parce que ça sera celui auquel les parents feront le plus attention, en concurrence avec celui de décembre et de juin. Le jour des bulletins, on est tous un peu tendu. La plupart voudrait repousser cette date maudite le plus longtemps possible. Une autre partie, plus petite certes, mais tout aussi stressée, voudrait l’avoir le plus vite possible, pour connaître ses points et arrêter de s’inquiéter. Quand le prof arrive, on se regarde en haussant les sourcils devant son absence de réaction. Il commence son cours, l’air de rien, et on attend en se demandant quand arrivera le moment fatidique. Un élève, n’en pouvant plus, lève la main pour demander : “Quand aurons-nous nos bulletins ?” Il répond simplement “A la fin du cours, maintenant reprenons…”

A la suite de cette simple phrase, une impatience nouvelle fait son apparition. Plusieurs élèves soupirent. La fin du cours se passe dans une ambiance de plus en plus tendue. Des regards inquiets et même parfois paniqués sont échangés. Le cours perd presque complètement de son intérêt. Quelques minutes avant la sonnerie, enfin, il distribue les bulletins sans faire de commentaires. Une simple formalité. On découvre des points pour le moins surprenants pour certains. Des sourires et des sourcils froncés se dessinent sur les visages des élèves. On se lève comme un seul homme et on se disperse pour trouver les camarades de classe avec lesquels on est pressé de partager nos résultats. Les commentaires des profs sont criés à travers la salle de classe, avec pour destinataire les amis. Instantanément, la pression disparait de nos épaules. Et même si on a les pires points imaginables, ils sont donnés et on ne pourra les changer qu’au bulletin suivant.

Ce soir-là, à la maison, certains s’écrouleront sur leur lit, en poussant un long soupir. Cette journée fatigante est ENFIN finie. A nous les vacances !

Chapitre 1 : ma rentrée en secondaires

Je viens d’une école paumée dans la campagne, dont personne ne connait le nom. Cinq personnes sont venues avec moi dans cette nouvelle école, malheureusement je n’étais proche d’aucune. Pendant toutes les vacances, et même avant, j’ai pensé à ce jour avec impatience, la boule au ventre. Et voilà ce moment, tant attendu, enfin à l’horizon…ou plutôt quelques mètres devant. J’entre avec appréhension, une voix dans ma tête me chuchotant : « Tu seras toute seule ! ». Tous les élèves de première sont assis sur les marches de la cour et un peu plus tard, le directeur prend la parole. Il dit qu’il ne parlera pas longtemps et que le gros du discours sera fait par Mme Dromelet, mais personnellement je trouve son intervention un peu longue. Je me force à écouter pour donner une bonne impression aux profs. Les trois filles de mon ancienne école me font signe avec enthousiasme. Je leur réponds avec un grand sourire, heureuse de peut-être avoir de amies… Une personne à ma droite leur répond et crie leurs noms. Je me retourne… en fait, ce n’était pas à moi qu’elles faisaient signe. Je ravale ma honte et retourne mon attention vers le directeur. Il a enfin fini et donne la parole à la directrice des Bruyères. Elle nous dit que le thème de cette année sera la gratitude et l’espérance. Elle nous parle ensuite de la chance qu’on a d’avoir de nouveaux châssis, de penser aux Pakistanais qui doivent aller chercher du bois pour pouvoir se chauffer, que les inondations ont fait des ravages…Je ne comprends pas vraiment le rapport avec les châssis. Elle passe la parole à Mme Dehaye, qui nous explique les jeux pour trouver notre titulaire et notre classe.

Le jeu commence. Je pars me mettre dans la file de la prof qui distribue les pièces des personnes dont le nom de famille commence par la même lettre que le mien. Je prends ma pièce et pars à la recherche des personnes qui ont le même numéro. Je suis timide et n’ose pas aller vers les autres, finalement c’est un groupe de trois filles qui viennent et qui me demandent quel numéro j’ai. Je leur montre et remarque qu’on a le même. Elles sont de ma classe. Peu à peu des personnes viennent se rajouter et, ensemble, ils résolvent le problème, je reste en retrait n’arrivant pas à passer dans la masse de gens. Finalement, on réussit à reconstruire le puzzle et nous partons vers les profs pour leur poser des questions sur leurs caractéristiques. A la première personne, on trouve notre titulaire, elle fait les présences et nous dit qu’on va faire la petite récré maintenant et qu’il y a une pomme gratuite par élève.

Je prends ma pomme et la mange lentement dans l’espoir que la récré se finisse avant d’avoir terminé mon fruit. Hélas ! Ce n’est pas le cas et je la jette bien avant. Je marche toute seule dans la cour, faisant semblant d’avoir un truc à faire. Un prof vient me parler, je crois que c’est parce que je lui fais un peu pitié. Il me dit exactement : -Tu viens de quelle école ? Je lui réponds. -Et il y a des personnes qui sont venues avec toi ? -Oui, mais pas d’ami. -Hum… Il faudrait que tu te fasses des amis. Tu devrais t’ouvrir un peu aux autres et ne pas rester seule. Il ne faut pas rester dans sa bulle. Je voudrais lui répliquer que ce n’est pas ma faute, que je suis timide. Mais je ne dis rien et hoche vaguement la tête. Il continue à parler et je trouve que à chaque fois qu’un prof me dit quelque chose ou répond à une question, il répète la même phrase plusieurs fois, parfois avec des mots différents. Je trouve ça ennuyeux, parce que j’ai compris la première fois. En attendant, j’essaye de le fixer dans les yeux, mais j’ai remarqué que quand on est trop près, on n’y arrive pas. Il faut être loin, comme ça, on fixe son nez et on voit les deux yeux ! Il clôt la discussion et part chercher une autre âme solitaire.

Une fille s’approche de moi et me propose de me joindre à son groupe. Je les remercie et les accompagne. Je suis pleine de gratitude envers ces personnes qui m’ont aidée à sortir de ce marécage de solitude. Je n’en suis pas totalement extraite, mais c’est déjà ça ! Après la récré, on fait un jeu, où chaque classe doit récolter cinq bouchons, qu’on trouvera dans différents lieux de l’école, où il y aura une petite épreuve, pas compliquée et qui – je crois… – est impossible à rater. Ma classe est drôle, mais pas spécialement efficace : on se perd et on ne comprend pas le fonctionnement des tournantes. Les activités se font dans une bonne ambiance et je me sens déjà mieux. Dans une épreuve, il faut dessiner un oiseau et récolter un puzzle le plus vite possible. On se fait éclater par une autre classe. L’ambiance est détendue et ça me donne confiance.

De retour en classe, notre titulaire nous explique tout ce qu’on doit savoir sur le Lycée Martin V. C’est beaucoup d’informations d’un coup et elle nous dit que demain et peut-être après demain, elle devra encore nous en parler. Nous sommes placés par ordre alphabétique et je suis à côté d’un garçon assez drôle. Je le trouve sympa, ce qui renforce mon bien-être et me conforte dans l’idée que ma classe est la meilleure ! Justement, à travers la fenêtre, le soleil tape fort et je suis déjà épuisée quand la sonnerie retentit. On se lève avec un brouhaha d’enfer entre le raclement des chaises et le bavardage léger des potes se donnant rendez-vous ou commentant le cours. Ça me rappelle Poudlard dans Harry Potter. C’est trop classe chez eux ! Ils bougent tout le temps lors des pauses et ils vont seuls à leurs différents cours. Un peu aussi comme Foxfire dans Gardiens des Cités Perdues. On sort et je me retrouve dans la cour. Je quitte l’école par la grille, ce qui signe la fin de ma première journée en tant que première secondaire. Stress. Soulagement. Re-stress. Exaspération. Bienveillance. Joie. Et espoir. Toutes ces émotions m’ont habitée pendant ces quelques heures, mais finalement la journée a été une réussite ! Prête pour l’année qui s’annonce…

Le pire de la rentrée

La rentrée, pour certains pénible mais obligatoire pour tous ! Nos journalistes ont baladé leurs micros pour savoir ce vous détestez le plus durant cette période de l’année pour le moins….spéciale.

Prise de son par Gabriel Fiorini, Tristan de Salle, Sean Welsby, Angéline Thiry, Alexandre Thiry. Montage par Gabriel Fiorini

Maison Renard et Don’t look up : 2 visions d’une société en perdition

Au mois de mars, notamment dans le cadre du printemps des sciences, plusieurs classes ont été invitées à assister au spectacle Maison Renard, conçu et interprété par Alexandre Dewez. Quelques mois plus tôt, sortait le film Don’t look up, réalisé par Adam McKay et avec Leonardo DiCaprio et Jennyfer Lawrence à l’affiche. Quel rapport ? Le constat d’une société qui mène vers un effondrement inévitable. 

Une critique/opinion d’Adrien Van Sull

Dans le spectacle, Alexandre Dewez joue le personnage de Bertrand Renard, entrepreneur dans la construction de BAD, Bases Autonomes Durables. Parmi les menaces de catastrophes sanitaires, nucléaires ou climatiques, toutes les raisons semblent bonnes pour investir dans ces bunkers de survie. En s’appuyant sur des données scientifiques véridiques et sur un humour cynique et glaçant, Bertrand fait tout pour convaincre le public de la nécessité de ses installations. A la fin du spectacle, les spectateurs ont pu débattre avec le comédien et deux intervenants, Olivier de Schutter et François Massonet, professeur et chercheur à l’UCLouvain. 

Dans le film Don’t look up, la doctorante en astronomie Kate Dibiasky fait une découverte incroyable, la venue d’un astéroïde à proximité de la Terre. Problème, ce corps céleste de plusieurs km de long file en réalité droit vers notre planète et menace d’exterminer la quasi-totalité de la vie présente. Avec son professeur, Randall Mindy, elle essaie donc d’alerter le monde de sa découverte. Entre moquerie des médias, intérêts financiers et corruption politique, leur message se perd vainement dans l’absence de réaction. Malgré la possibilité technique d’éviter la catastrophe, la communauté internationale, dans ses disputes absurdes, politiques ou économiques, échoue à faire dévier l’astéroïde et donc à sauver l’essentiel : la vie sur Terre. Ici aussi, on retrouve plusieurs touches d’humour bien dosées qui permettent de mieux faire passer le caractère anxiogène de l’histoire. A travers la fiction, on retrouve également des références très nettes à nos sociétés actuelles et aux enjeux climatiques. 

Ces deux œuvres critiquent le manque de réaction de nos sociétés face aux crises climatiques, et donc migratoires, géopolitiques, sanitaires, économiques et sociales qui se présentent face à nous. En effet, le dérèglement du climat, à la longue, impacte violemment certaines régions du monde, les rendant inhabitables, comme les iles du Pacifique qui menacent de couler sous la montée des eaux ou encore l’Inde, le Pakistan et la péninsule arabique où les températures toujours grimpantes rendent ces régions invivables. De plus, la raréfaction des ressources, surtout agricoles, accentue les tensions. Il est clairement démontré que ces changements soudains ces deux derniers siècles proviennent du rejet en masse de gaz à effet de serre (GES) suite aux activités humaines, depuis les révolutions industrielles.  

Pour lutter contre ces catastrophes, nos efforts individuels sont bénéfiques. A notre échelle, il nous faut prendre de nouvelles habitudes. Certes. Mais comme le rappelle les deux œuvres, ces engagements individuels ne sont pas suffisants. Les activités de nos quotidiens ne sont à l’origine que d’une minorité des émissions de GES anthropiques. Les industries mondialisées, la production de masse, le transport permanent sont les principales causes de ces dérèglements et doivent être régulés. Et comme le cite le dernier rapport du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la solution réside dans l’instauration d’une politique écologique forte. Car le moyen le plus efficace de contraindre les plus grands pollueurs de limiter leurs émissions de GES, c’est l’instauration de lois par nos politiques. En Belgique, nous, citoyen·ne·s, avons la possibilité de faire pression sur nos élus pour mener ces changements. Selon Olivier de Schutter, soutenir les initiatives qui garantissent un monde durable est la solution la plus efficace que nous avons d’agir. Il nous faut par conséquent réinventer nos sociétés. Se détacher de la surproduction et de la surconsommation. Remettre des moments plus essentiels à la base de l’épanouissement et du bonheur de chacun·e, comme les rapports humains et le contact à la nature, au lieu de se focaliser sur la spéculation et la consommation. Il nous faut donc à présent choisir ce que nous voulons préserver. Une économie basée sur une croissance absurde infinie qui nous mène vers des crises répétées, ou un monde viable dans lequel nous pouvons nous épanouir ? 

Maison Renard et Don’t look up, par les parallèles à nos sociétés, permettent de (re)prendre conscience des enjeux écologiques et politiques qui nous font face. Bien qu’un peu anxiogène, ce sont 2 très bonnes œuvres, captivantes et qui poussent à la réflexion. Le film est à visionner sur la plateforme Netflix. Le spectacle est représenté régulièrement en Belgique et en France (voir le site https://maison-renard.be). En bref, le slogan de Maison Renard résume au mieux le sentiment à retenir : « Préparons-nous au pire, et espérons le meilleur ! » 

Une Qatar-strophe ?

Ce vendredi 27 mai, se tient la finale de football du Lycée. Un événement à ne pas rater, évidemment. D’autant plus que la cellule Oxfamnesty compte profiter de l’occasion pour frapper les esprits et éveiller les consciences. Le Bybisix a rencontré Jeanne Piérart, élève engagée de 5F, afin de nous expliquer les origines et les buts poursuivis par ce projet. 

Un article d’Apolline Thiry

De la coupe du monde…

Vous le savez : à la fin de cette année, se déroulera la coupe du monde de football au Qatar. Pour que cet événement se passe dans de bonnes conditions, il faut construire énormément d’infrastructures tels que les stades, les aéroports, les lignes de métro, les autoroutes, etc. Afin de réaliser tous ces travaux, une quantité absolument gigantesque de main d’œuvre est indispensable. Or, le Qatar étant un pays désertique, les ouvriers sont soumis à des conditions de travail difficilement supportables en raison d’équipements peu adaptés au climat et à la chaleur. Les ouvriers y sont clairement exploités. 

… à la finale du tournoi de foot du Lycée !

La cellule Oxfamnesty du Lycée a décidé de réagir face à cette situation révoltante. Afin d’informer les nombreux élèves ignorant ce qui se passe en coulisses de la coupe du monde, elle a décidé d’organiser un quiz en association avec le kot Amnesty de Louvain-la-Neuve. Jeanne nous explique : “l’un des projets initiaux de la cellule Oxfamnesty au Lycée était de permettre aux migrants de pouvoir s’intégrer, via peut-être, l’organisation de potentiels jeux olympiques où il n’y aurait pas besoin de mots pour se comprendre. Lorsque le projet Qatar est arrivé, il était plus en lien avec l’actualité et les élèves étaient plus aptes à le traiter.” Ainsi, après avoir fourni les informations adéquates aux classes sur la coupe du monde 2022, la cellule Oxfamnesty a invité les élèves à exprimer leurs ressentis. Ceux-ci seront affichés sur une banderole qui sera exposée lors de la finale du tournoi de foot du Lycée ce vendredi 27 mai.  Pour Jeanne, ce projet éveillera les consciences : “La meilleure réaction à avoir afin de protester est de boycotter la coupe du monde. Car, d’une certaine manière, lorsqu’on la regarde, on la soutient.” 

Ces affiches ont été réalisées par les élèves engagé·e·s dans la cellule « OxfamAmnesty »

“ Comme s’il y avait une partie de moi qui manquait…”

Le questionnement autour du genre et de la transidentité est plus visible dans nos sociétés depuis quelques années, mais que ressent exactement un·e jeune qui s’interroge sur ce sujet ? Le ByBiSix est allé interviewer un élève qui se définit comme transgenre. Parce qu’il s’agit d’une personne mineure évoquant son intimité, nous avons décidé de préserver l’anonymat de cet élève.

Une rencontre de Clémentine Scuvie.

ByBiSix : Comment définis-tu ton genre ?

Moi, ça fait un long moment que je suis en questionnement. Et j’ai eu beaucoup de peine car je sais que tou·te·s mes ami·e·s savent s’ils sont une fille ou un garçon… et moi, c’est comme s’il y avait une partie de moi qui manquait parce que j’ignorais quel était mon genre. Ça me faisait beaucoup de peine et maintenant, j’ai décidé d’arrêter de vouloir absolument un genre… je me suis dit pourquoi vouloir absolument un genre ? Mon genre ne change pas qui je suis, pourquoi je devrais en définir un ?

ByBiSix : quel pronom te correspond ?

Moi, tous les pronoms me vont mais ça fait un moment que je demande à mes ami·e·s d’utiliser “il” car quand je leur disais qu’ils pouvaient utiliser tous les pronoms, ils n’utilisaient que « elle ».

ByBiSix : Si tu es en questionnement, à qui en as-tu parlé ?

Je n’en ai pas vraiment parlé… juste avec d’autres ami·e·s qui sont eux·elles aussi en questionnement mais brièvement. Je pense que j’aurais dû en parler.

ByBiSix : Et comment ont-ils réagi ?

Normalement ! car ils·elles étaient eux aussi en questionnement. Je sais que t’as beaucoup de gens qui sont contre ça, et heureusement que j’habite en Belgique, pays plutôt tolérant sur cette question … J’aimerais que ce soit pareil ailleurs aussi, mais il y a encore beaucoup de pays où c’est passible de la peine de mort.

ByBiSix : comment imagines-tu la réaction de ta famille ?

Je pense qu’il leur faudra du temps pour s’adapter mais ça devrait aller car ils sont assez ouverts d’esprit.

ByBiSix : penses-tu qu’un jour la société acceptera les LGBTQIA+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel·le, Transgenre, Queer, Intersexe, Asexuel·le et + pour les personnes qui ne se retrouvent pas dans ces définitions) ?

Moi je pense, que oui : peut-être un jour… pas tout de suite parce qu’il n’y aura jamais tout le monde qui sera d’accord. Moi, je pense qu’à partir du moment où chacun se mêle de ses affaires, ça ira. Par exemple, l’homophobie c’est comme dire tu ne peux pas manger ce cookie car je suis en régime ! Ça n’a pas de sens! JE mange un cookie, TU es au régime : ce n’est pas toi qui manges le cookie, c’est moi … ça ne te regarde pas !

ByBiSix : selon toi, est-il plus facile d’être en questionnement sur sa sexualité ou son genre ?

A mon avis, sa sexualité c’est plus facile parce qu’à la fin, on aime qui on aime et c’est comme ça mais le genre c’est vraiment un truc plus profond, c’est quelque chose que tu ressens. C’est juste une question de qui tu es, et ça, ça peut être plus dur quand tu as l’impression que tu n’es pas qui tu es censé être.

ByBiSix : envisages-tu de faire ton coming out ? Et si oui, comment ?

Non, je ne compte pas vraiment faire un grand coming out. Si on me demande, je réponds.

ByBiSix : trouves-tu ça normal de devoir le faire alors que les hétéros cisgenres ne le font pas ? Et qu’est-ce que ça représente pour toi ? (NDLR : cisgenre désigne une personne qui se sent en concordance avec le genre attribué à la naissance)

Pour l’instant, les LGBTQIA+ sont beaucoup moins nombreux : ce qui veut dire que t’es hors de la “norme” pour certaines personnes. Donc faire un coming out, ça montre que oui je suis comme ça, ça ne peut pas changer, c’est comme ça que je suis, oui, je suis différent” mais c’est comme ça.

ByBiSix : quelles sont les questions que tu aimerais qu’on te pose ?

J’aimerais qu’on me demande quels pronoms utiliser. Je n’ai aucun problème à répondre à des questions pour savoir comment je fais, moi, avec mon genre et ma sexualité… surtout si c’est pour en aider d’autres.

ByBiSix : et inversement ?

Je déteste les questions moqueuses ou “haha toi, t’aimes les filles”!

ByBiSix : as-tu un message à adresser à la société en tant que personne LGBTQIA+ ?

C’est vraiment un truc qu’il faut garder en tête quand on fait son questionnement que tu es qui tu es… Même si tu es une fille ou un garçon ou autres, ça ne change pas qui tu es, tu es toujours, toi ! Et qui tu aimes, ça n’a rien à voir ! si demain, t’aimes un garçon, tu aimeras un garçon, si demain, tu aimes une fille, t’aimeras une fille. Ce n’est pas un truc qui doit faire peur aux gens ! Pareil pour le genre : c’est comme ça !

A la suite de cette interview, le ByBiSix tient à remercier cet élève pour sa franchise et sa maturité.

SONDAGE : Pressé·e comme un citron ?

Des travaux qui s’accumulent, des tests qui s’enchaînent, de nouvelles échéances à respecter, nombreux et nombreuses sont les élèves qui vivent leur scolarité avec un sentiment de pression. Une pression que les examens ne font qu’exacerber… Au ByBiSix, on a donc décidé de vous interroger sur le sujet.

Une enquête de Cyanne Irakoze, avec la participation de Clara Veithen.

Afin d’avoir une représentation chiffrée de ce sentiment de pression, nous avons réalisé un sondage via ITSL : 20% des élèves du Lycée y ont répondu (293 sur les 1458 élèves que compte l’école), On remarque que ceux qui ont le plus répondu à notre enquête sont en 4ème, 5ème et 6ème : ils représentent 65,2 % des réponses. Ce qui nous intrigue c’est de savoir s’ils ont été plus nombreux à nous répondre car ils utilisent plus fréquemment itslearning ou alors parce que le sujet les intéresse davantage puisque la pression est plus ressentie dans ces années-là ?

Les résultats du sondage !

A la question “ressentez-vous une pression scolaire ?”, 84,6% des élèves sondé·e·s répondent positivement. Notre enquête révèle que la source de la pression serait l’élève lui-même (pour 64,8 % des sondé·e·s), ce qui est étonnant car nous ne nous attendions pas à ce que les élèves reconnaissent qu’ils sont la source principale de leur pression scolaire. Il y a ensuite les professeurs (pour 63,1%), les parents ( pour 38,9%) et les amis (pour 7,5%). Voici ce que cela donne dans un beau camembert.

Il semblerait donc que la pression se construirait à plusieurs niveaux et que vous en avez conscience. Cela rejoint l’idée exprimée, en conseil de participation, par la directrice adjointe, Mme Dromelet : “la pression scolaire, c’est comme une lasagne, il y a plusieurs couches”. Peu d’élèves sondés identifient l’origine de la pression dans les réseaux sociaux ou les médias. Les quelques élèves qui nous ont laissé une réponse ouverte pointent, quant à eux, « le système scolaire, qui favorise plutôt la réussite que l’apprentissage » et « la société pour qui terminer ses études est crucial sinon, l’élève n’aura pas d’avenir prometteur (avenir lié à l’argent). »

Cette pression ressentie engendre principalement de la démotivation (pour 61,1%), des crises d’angoisse (pour 36,9%), un blocage (pour 32,8%) et du décrochage (pour 31,1%). 26, 6 % des élèves interrogé·e·s disent compenser par une surorganisation et 46,8 % ont le sentiment de sacrifier leur temps libre.

Une élève nous confie : “Je suis tout le temps stressée, sur les nerfs, je n’arrive pas à dormir le soir car je pense à mon organisation pour pouvoir surfer entre mes activités et les devoirs, en plus, on n’a que 2 jours de week-end et il faut encore penser à l’école…”. Un autre : “J’angoisse et je stresse donc je procrastine. Je procrastine donc je n’ai plus assez de temps, je n’ai plus assez de temps donc je fais une crise d’angoisse. Résultat, je travaille jusqu’à 3h du matin pour ensuite, m’endormir en cours et recommencer à angoisser. » Quelques-un·e·s évoquent l’effet bénéfique de la pression sur eux·elles : “Avec cette pression, j’apprends à mieux me réorganiser et surtout je ne baisse pas les bras car je veux atteindre mes objectifs !”

En constatant tout ce stress, nous ne voulions pas finir cette enquête sans vous donner de solutions. C’est pourquoi, nous sommes allés à la rencontre d’élèves et de professeurs pour vous conseiller, vous aiguiller sur la manière dont vous pouvez appréhender la session d’examens.

« L’escalade de la montagne se fait par petits pas… »

En premier lieu, nous avons demandé à Mme Piérart, professeure de méthode, ce qu’elle conseillerait aux élèves pour diminuer la pression : “il me semble que souvent, face à la pression, nous avons régulièrement le sentiment d’être dépassé, de ne pas être capable d’y arriver, de ne pas savoir par où commencer tellement la liste est longue…Et justement, pour faire face à la pression, si on commençait par l’objectiver en établissant une liste la plus exhaustive possible, composée de toutes petites choses bien concrètes mais aussi bien sûr des travaux ou des objectifs plus vastes que l’on pourra détailler par la suite. Une petite voix s’insurgera : Oui, mais dans ce cas, je suis encore plus découragé car elle est trop longue et je sais que jamais je n’y arriverai ! L’escalade de la montagne se fait par petits pas…La gestion de la pression se fait aussi par petits pas, mais en osant la considérer de de façon lucide de manière à pouvoir y faire face objectivement. Quand j’ai réalisé une liste de choses à faire, je peux commencer par les tâches les plus simples, rapides, faciles ; j’ai ainsi le sentiment de m’accomplir, de constater que je peux faire des choses, et cette constatation est très stimulante et donc encourageante pour aborder d’autres points. J’ai aussi et surtout cette joie de barrer certains points de ma liste ; ce qui est très enivrant. Et je terminerai là-dessus ; point très dopant, je combats un autre ennemi majeur qu’est la procrastination…enfin, j’avance, je me sens moins stressé, je constate que je suis plus efficace, je suis un petit peu fier de moi, j’ai plus de courage et de confiance en moi…. Et ensuite, de temps en temps entre deux tâches, je fais une pause et je vais jouer avec mon chien ! Et cela aussi, je le mets sur ma liste !”

Mme Baudson, également chargée des cours de méthodologie ajoute “mon truc un peu bizarre c’est faire le vide... Marcher… Observer, ne pas penser pendant un temps pour se remplir d’idées nouvelles et donc dynamisantes. C’est inconfortable le vide mais c’est riche, croyez-moi ! et de terminer par une citation de A. Jodorowski : Le caméléon pour trouver sa véritable couleur se pose sur le vide !  » Pour ce qui est des conseils des élèves, ils tournent autour de la même idée qui est de : s’occuper en faisant des choses qu’on aime pour penser à autre chose et équilibrer les temps de plaisir et de travail, ou bien faire des exercices de respiration, parler de ce qu’on ressent avec ses proches. Toutes ces choses peuvent aider à moins stresser et donc vivre une pression plus saine. »

Mon premier CP

Dans deux de nos précédents articles, nous faisons mention du conseil de participation mais j’avoue qu’avant de rejoindre le ByBiSix, j’ignorais l’existence de cet organe de consultation. Alors, j’ai décidé d’assister à l’une de leurs réunions et de vous décrire ce qu’il s’y passe. C’était le lundi 25 avril (2022), au Biéreau, à la bibliothèque. 

Un article de Clara Veithen, avec l’aide de Stéphanie Morsomme

Commençons par les présentations : qui assiste à un conseil de participation ? Il y a, évidemment, le directeur Mr Dejemeppe et la directrice adjointe, Mme Dromelet (Mme Sandron était absente). L’association des parents est représentée par six parents élus : M. Timmermans , M. Lienart, M.Beels, Mme de Berg, Mme Malevez et Mme Floor (absente ce lundi).  Six professeurs sont également présents : mesdames Glorieux, Vermeulen, Villers, Buxant (absente ce lundi), et messieurs Braeckmans et Delabie. Enfin, viennent les délégués de niveaux, encadrés par M. Collard. En 1ère: Paul; en 2ème: Clarisse; en 3ème: Maximilien; en 4ème: Arthur; en 5ème: Titouan et en 6ème: Alexander.  

Voici à quoi ressemble une réunion du CP. Sur la photo, on reconnait la direction, les représentants des élèves, M. Collard et M. Braekmans.

Quand, peu après 17h, les échanges commencent, je trouve que chacun semble rester sur sa réserve. Il fait très calme.  Cela n’a, toutefois, pas étonné Clarisse, représentante des 2èmes, déjà rompue à l’exercice visiblement. Pour elle, c’est une ambiance propice au dialogue.  Les débats sont menés par Mme Dromelet, qui recontextualise chaque question et la conclut. Quels sont les sujets qui ont retenu mon attention ? 

Tout d’abord,  je mentionnerai les échanges sur l’organisation des sessions différées en janvier. Chacun des groupes représentés a pu donner son avis : du côté des élèves, les délégués de niveau ont dit ne pas avoir reçu d’échos négatifs. 

Le thème qui a suscité le plus de réactions chez les élèves est la pression scolaire. Selon Arthur, certains élèves sont tétanisés par les épreuves de juin. Il ajoute qu’anticiper et s’organiser varie en fonction de la maturité des élèves. Alexander suggère au Lycée d’offrir une aide pour s’autonomiser face au travail.  La direction rappelle alors que l’école organise une série de cours de méthodologie et que les coordinateurs·trices pédagogiques peuvent faire un suivi plus personnalisé. L’idée d’ateliers de 2-3h par année est lancée ainsi que la nécessité d’identifier les niveaux d‘autonomie attendu par année. Mme Dromelet souligne que la pression scolaire comprend plusieurs couches : la couche scolaire, certes, mais la société, les parents, les amis, les élèves y ajoutent souvent des couches… Bref, la pression scolaire, c’est un peu une sorte de lasagnes, selon elle. 

Vient ensuite la liste des envies des 5èmes : Titouan rapporte le souhait de ses condisciples d’organiser des activités « fun » au Lycée, comme une chasse aux oeufs, une journée sportive ou une  journée déguisement (il précise savoir que certains professeurs y sont opposés). Arthur revient, quant à lui, sur son désir de faire un mur d’expression et de customiser les toilettes par les élèves.   La direction leur rappelle que, pour lancer de tels projets, il faut trouver une personne ressource et faire un planning au préalable. On se rend compte que pour cette année, ça semble cuit. Le bal des 2è, lui, aura bel et bien lieu le 24 juin : Clarisse annonce avoir trouvé un prof responsable, Mme Dehaye. 

Le dernier point abordé concerne l’accueil de réfugié·e·s ukrainien·ne·s au sein du Lycée. Pour favoriser leur intégration, Alexander suggère de faire appel aux élèves russophones volontaires, lesquel·le·s pourraient faire office d’interprètes. Paul propose d’organiser des cours de Français le mercredi après-midi, en faisant appel à d’anciens professeurs de Français. Mme Dromelet souligne  alors qu’il faut veiller à ne pas surcharger leur horaire. 

Vers 19h, la réunion se termine. Les différents groupes échangent encore quand je quitte la bibliothèque. 

Les deux articles précédents qui traitent du conseil de participation sont : quelle règle pour demain au Lycée ? et quelles solutions contre les tags ?

“Arrête de faire le thug, espèce de Cassos ! »… « Je m’en balec de ce que tu dis ! »

Leçon 4

Faire le thug : se dit de qqn qui ne se soucie pas des règles, “faire le rebelle”. On ne va pas vous mentir : cette expression n’est pas très bien cernée, ni par nos journalistes ni par les jeunes qui l’utilisent. Il faut dire que ses origines sont des plus singulières. Elles remontent à l’Inde du XIIIe-XIVe siècle sous forme d’une secte formée principalement d’assassins professionnels qui étaient réputés pour assassiner les voyageurs par strangulation. Par la suite, ce mot s’est mis à être utilisé pour caractériser un voyou, un bandit ou un rebelle utilisant la violence.

Cassos : Cette insulte est l’abréviation d’une expression connue de tous : “cas social”, qui est utilisé pour qualifier une personne en situation difficile pouvant entrainer une exclusion sociale et nécessitant une prise en charge de la société. Dans la bouche d’un jeune, ce terme insultant semble avoir perdu son origine méprisante et est utilisé pour souligner la différence, le décalage entre différentes personnes, parfois avec humour. Il est maintenant la version plus moderne du terme « baraki ».

Balec : Abréviation de l’expression “Je m’en bats les c*****es”. A l’origine, le mot “couille” était aussi utilisé pour décrire une erreur ou un échec. “Je m’en bats les c*****es” veut donc simplement dire que l’on ne se soucie pas ou on ne prête pas attention à ce qui va arriver, aux conséquences. Ainsi, le mot “couilles” ne renverrait pas spécialement au sexe masculin. Que penser dès lors de ces versions féminisées : “je m’en bats le c***o” ou encore le plus chaste “je m’en bats les ovaires” (entreprise qui semble complexe) ?

Voici quelques petits conseils pour une utilisation pertinente et digne :

En classe : « Je suis désolé, j’ai encore fait le thug et j’ai oublié de faire des trous dans vos copies !”

En voyage scolaire : Je vous rappelle de bien vous comporter, vous représentez l’image du lycée. Tachez au moins de ne pas vous comporter comme des cassos !

Devant la photocopieuse : “ Jean-Michel, tu es pressé, tes élèves t’attendent ? Ouais, mais j’m’en balec, fais à ta guise, Martine ! »

Une explication d’Apolline Thiry.