Les particularités du LMV : aperçu d’un Canadien

Peut-être t’es-tu habitué à la vie quotidienne au LMV, mais moi pas : je suis élève canadien (anglophone), venu ici l’été dernier pour explorer une culture différente de la mienne et tenter mes chances dans une école belge. Ce que j’ai vu m’a absolument choqué. On est déjà aux trois-quarts de l’année et je ne sais toujours pas prévoir quelle nouveauté merveilleuse apportera le lendemain. Il n’y a pas assez de place pour dire tout ce qui est différent des deux côtés de l’Atlantique, mais je peux quand même vous raconter les cinq éléments que j’ai trouvés les plus spéciaux. Je dois, cependant, d’abord clarifier quelques stéreotypes à propos du Canada : 

Les écoles : Attendu vs. Réalité 

La faune : Attendu vs. Réalité 

Les habitants : Attendu vs. Réalité 

Voilà : pour tout ce qu’on dit à propos de leurs hivers rudes et leur amour pour le hockey et le sirop d’érable, les Canadiens sont des gens plutôt normaux dans un pays plutôt normal. Les Belges, par contre, sont extraordinaires (et je dis ceci de manière positive.) Voici cinq raisons pour lesquelles j’adore ce Lycée : 

5 : Les profs, qu’ils soient là ou pas 

Selon moi, les professeurs du LMV sont vraiment de très haute qualité. Je trouve qu’ils sont très efficaces quand ils donnent cours, et c’est également sympa quand ils ne peuvent pas les donner et qu’on se fait licencier. (Au Canada, il y a toujours un remplaçant pour tout prof absent) Souvent au Canada, les profs délèguent trop de leurs responsabilités aux ordinateurs, mais ici ce n’est pas le cas. Regardez comment ils nous permettent de nous reposer en nous donnant des intercours ! (Au Canada, on a cours sans arrêt pendant trois heures le matin comme l’après-midi !) Regardez comment ils nous avertissent à propos des interros ! (Au Canada, on est constamment évalué sur le travail journalier ; il est plus difficile de soigneusement se préparer) Regardez et soyez reconnaissants, car nos profs se soucient de nous. 

4 : Les fêtes 

J’aime bien les différentes célébrations au sein du Lycée. Auparavant, je n’avais jamais fêté ni le Carnaval, ni la Saint-Nicolas, ni le jour dont je ne me rappelle plus le nom où il y avait des crêpes. Je me souviens bien du moment où ma prof d’histoire à distribué du chocolat et des spéculoos pour le Saint-Nicolas, et ce que j’avais alors demandé : << Ils sont gratuits ? >> (Il est très rare qu’on donne à manger aux élèves au Canada.) On sent vraiment que les écoles belges ont une âme. 

3 : Les licenciements et les congés 

Pour autant que j’adore l’école en Belgique, je dois quand même admettre qu’il n’y a rien de plus joyeux qu’un licenciement inattendu. J’étais choqué la première fois que ma classe a été licenciée : je ne savais pas qu’un tel évènement était possible. Ma surprise est rapidement devenue joie quand on m’a expliqué que je pouvais partir deux heures plus tôt. Au Canada, la notion de libération n’existe même pas. Sans exception, il y a des remplaçants pour les profs absents : une vaste armée d’enseignants canadiens peut à tout moment prendre leur place. En effet, plusieurs profs n’ont pas un horaire régulier de cours à donner ; ils vont ici et là pour remplacer les autres. Tout ceci est possible en raison de l’abondance de technologie dans les cours canadiens ; même si un remplaçant ne connait en rien la matière, il peut facilement trouver une leçon ou un travail en ligne pour les élèves. 

Après avoir goûté au licenciement, j’ai demandé aux élèves de ma classe combien on en aurait pendant l’année. On m’a offert plusieurs estimations, mais tous étaient bien en-dessous du chiffre actuel : plus de 50 heures de libération et un nombre similaire en bibliothèque. Probablement, c’est dû au mouvement de contestation contre les réformes. En discutant avec moi, après plusieurs arrêts de travail, un ami m’a dit : << T’as choisi la bonne année pour venir ! >> 

En plus des licenciements, il y a également beaucoup plus de congés ici par rapport au Canada. Certes, les vacances d’été sont plus courtes, mais les congés en octobre, février et avril sont sans parallèle de mon côté de l’océan. Nous avons toujours les vacances de Noël chez nous, ainsi qu’une semaine de vacances en mois de mars, mais c’est tout. On travaille pendant des mois, quinze semaines ou plus à la fois, avec seulement quelques jours de congé pour reprendre ses forces entre-temps. Il n’y a pas non plus des conseils de classe*. Tout cela fait que cette année, j’ai plus de congés que pendant toute année scolaire au Canada de ma vie. Comme m’avait dit mon professeur de sciences sociales en expliquant qu’il ne pouvait donner cours qu’une seule fois pendant plus d’un mois : << Bienvenue dans le pays des congés. >> 

*Je trouve toujours drôle le fait que nos profs se réunissent tous à huis-clos pour discuter leurs évaluations de nous et notre sort académique. 

2 : Les cours 

J’étais un peu surpris par les choix de cours au LMV lorsque j’ai choisi mes options de 4ème il y a maintenant environ un an. C’était un peu comme repasser dans le 1er ou 2ème secondaire (ce qu’on appelle au Canada le << middle school >>). Avoir 10 cours à la fois – wow ! Au Canada, à partir de la troisième, on ne choisit que huit cours, et ceux-ci sont repartis entre deux trimestres pour que chaque élève ait à tout moment de l’année quatre cours sur son horaire. C’est pour cela que le choix d’options m’a rappelé mon enfance. 

J’aime bien la diversité d’options disponibles. Les cours qu’on peut prendre en 4ème ici, mais pas au Canada, sont nombreux : religion catholique, sciences sociales ou économiques, néerlandais, grec, latin… De plus, j’aime bien le fait que les cours ici sont plus difficiles. Peut-être vous me penserez fou, mais je veux aller à une école où on doit essayer et travailler dur pour réussir. Au Canada, les élèves n’ont pas d’examens jusqu’à la 5ème ; cette année sera donc la première fois que j’en ai, et j’ai hâte de vivre l’expérience. 

1 : Les classes 

Ici encore, le Lycée me rappelle le middle school. (Il y a, en fait, beaucoup d’aspects où c’est le cas, comme la tendance chez certains élèves de dire <<Six Seven>>.) J’ai été surpris lors de mon arrivée au Lycée d’apprendre qu’en plus d’être un élève du lycée de manière générale, je ferais également partie d’une classe en particulier, la 4G. À partir de la 3eme au Canada, voyez-vous, il n’y a pas une seule classe dont on fait partie. Pendant chaque cours, on est avec des élèves différents ; par conséquent, il est beaucoup plus difficile de devenir ami avec quelqu’un pendant les heures de cours car il est peu probable qu’on ait plus d’un cours ensemble avec lui. Ne sachant pas comment s’organisaient les classes ici en Belgique, j’avais bêtement dit à mon voisin lors du premier jour de cours quelque chose du genre << Chouette, on a quelques cours ensemble. >> En fait, j’avais 25h de cours en commun avec lui chaque semaine ; pour la plupart de la classe, j’en avais encore plus. Après seulement quelques semaines, je sentais déjà que je faisais partie de la communauté. (Si tu lis ceci et tu es en 4G, un très grand merci pour m’avoir si bien accueilli !) Au Canada, par contre, je ne connais même pas les prénoms de certains élèves dans mes classes après cinq mois de cours ensemble. (Ici, je les ai appris après une semaine.) Si vous me voyez régulièrement dans le couloir, vous apercevrez que je porte souvent un pull bleu avec les noms de tous les élèves de ma classe sur le dos ; c’est car je suis si heureux d’en faire partie. 

Conclusion 

Peut-être que cet article vous a laissé l’impression que l’école au Canada est un enfer de travail numérisé où personne ne connait les autres mais si jamais vous avez l’opportunité de visiter une école canadienne, je suis sûr que vous y trouverez bien de choses à apprécier. Cela dit, si je devrais choisir mon système scolaire préféré je prendrais celui des Belges. J’ai appris beaucoup de choses de vous et de votre école cette année, et je vous remercie pour cela. 

Une comparaison de Philip Bergsieker

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