La véritable histoire des oies des Bruyères…

Une dizaine d’oies fait désormais partie intégrante du site des Bruyères, à tel point que certains pans de la cour s’apparentent à un champ de crottes. Le Lycée s’accommoderait-t-il de la situation ? Est-il en train de laisser une partie de l’école devenir le territoire de ces oiseaux ou, au contraire, leur cherche-t-il un nouveau foyer ? Le ByBiSix a enquêté sur le sujet. Voici son récit : 

C’est le 24 mars 2020, par un beau mardi de soleil, qu’un groupe d’une dizaine d’oies fut repéré pour la première fois dans le cagibi des vélos du Lycée, un lieu parfois aussi appelé l’entrepôt de vélos. Les élèves furent scandalisés car les oies avaient laissé de grosses fientes sur les pédales de leur vélo, parfois même sur la selle ou le guidon.  Inadmissible ! Certains élèves étaient aussi apeurés car les oies s’avançaient vers eux, le cou bien tendu et le bec ouvert. Allaient-elles les attaquer ? Leur transmettre une sale maladie ? Bref, pour récupérer son vélo, cela devenait bien galère : des élèves finirent à l’hôpital pour “morsure(s)”, certains s’armèrent de bâtons pour se frayer un passage parmi les oies, la plupart abandonnèrent carrément leur vélo là.  L’épisode le plus marquant fut évidemment l’histoire de cette pauvre Julie de l’option Latin Grec… le 14 avril 2020, fatiguée par une traduction de version particulièrement épique et surtout excédée par le comportement des oies, Julie jeta son reste de tartine  au salami sur les oiseaux. Les oiseaux ripostèrent et s’en prirent à son sac de cours. Dans cette altercation, Julie perdit ses deux fardes et son cahier de math. Par conséquent, un panneau : “NE PAS NOURRIR/ATTAQUER LES OIES (SINON RETENUE)” fut installé par la direction. On songea aussi à interdire les tartines au salami. Les élèves eurent l’impression que l’école défendait les oies et pas eux. 

On imagina aussi laisser le cagibi aux oies… mais alors où ranger les vélos ? Les éducateurs suggérèrent tout bonnement aux élèves de ne plus venir à l’école à vélo mais en voiture comme au bon vieux temps, ce qui ne manqua pas de provoquer un tollé de la Green Team qui, scandalisée, dit : “ Diantre ! Venez à pied nom de dieu !!! Ça ne va pas vous tuer quand même ! ” Elle voulut écotaxer tous les élèves qui arriveraient nouvellement en voiture et non plus à vélo mais cette proposition fut rejetée par l’association des parents. Certains menaçaient même de retirer leurs enfants du Lycée.  Le conseil des délégués eut une autre idée : transformer une partie de la salle des profs en nouveau cagibi à vélos. Proposition qui fut étonnamment refusée par les profs, lesquels, outrés, menacèrent de démissionner pour mauvaises conditions de travail. Le Lycée risquait de perdre à la fois des élèves et des enseignants. On  soupçonna même la direction de vouloir se reconvertir dans l’élevage d’oies, ce qui fut démenti avec vigueur et à maintes reprises :”nous rejetons le gavage… de qui que ce soit d’ailleurs !”

Au plus fort de la crise, les rumeurs les plus folles se mirent alors à circuler sur la nature des oies : certains élèves et professeurs prétendirent que les oies étaient des robots vengeurs envoyés par un ancien élève ayant redoublé de nombreuses fois. On nageait en pleine science-fiction !

Dans le courant de l’année 2021, un groupe d’élèves, agacés, décida de passer à l’acte. Ils disposèrent donc par terre des petits bouts de salami (de chez Aldi) pour former un chemin menant à une cage remplie de tartines. Ils se cachèrent dans les buissons pour observer la scène et refermer la cage quand un maximum d’oies aurait été piégé dedans. Alors que leur plan se déroulait comme prévu, Mme Dromelet, la directrice, surgit de nulle part et leur exigea d’arrêter net leur action. Très remontée, elle leur confia que, depuis que les oies du capitole avaient sauvé Rome en -390, elle vénérait ces oiseaux. Elle n’avait pas été professeure d’Histoire pour rien !  Du coup, elle avait longtemps considéré ces oies comme un don du ciel, capable de protéger le Lycée, mais, les derniers mois lui avaient fait prendre conscience que ces oiseaux divisaient en fait son implantation. Aussi, dans le plus grand des secrets, elle œuvrait pour leur trouver un nouveau foyer… Intrigués, les élèves voulurent en savoir plus : quel était au juste son plan ? Mise en confiance, la directrice leur avoua qu’elle s’entraînait tous les samedis à voler en ULM avec les oies. Son objectif ? Les amener de la sorte au barrage de l’eau d’heure où le Lycée faisait construire une réplique de son cagibi à vélos rien que pour elles. Elle leur parla aussi (en chantonnant) d’un certain Michel Delpech qui finançait en partie le projet mais les élèves ne comprirent pas l’allusion.  Déterminée, elle imaginait dresser les oies pour former un V comme Martin V afin que les oies soient les mascottes du lycée. Mais la SPA dans tout ça ?

Evidemment, tout ceci ne s’est jamais passé. La vérité est que le Lycée cherche une solution pour venir en aide à ces oiseaux.

Madame Dromelet se confiait à nos journalistes :

“On a commencé à les nourrir en décembre après avoir téléphoné à plusieurs associations (dont Birds bay) pour savoir ce qu’on pouvait faire pour les préserver. Comme il s’agit d’oies sauvages, aucune n’a pour mission de les accueillir. On nous avait dit que, par contre, on pouvait les nourrir puisque sauvages.
Nous craignons qu’à terme ces oies fassent l’objet de maltraitances : c’est mignon quand veut faire rapidement une photo mais après … Avec Sandrine, on va encore essayer de prendre des contacts pour voir s’il y a moyen de les préserver d’actes malveillants …. Mais on ne les nourrit plus car elles agaçent beaucoup par leurs bruits, leurs déjections, les dégâts qu’elles occasionnent dans le voisinage, … de plus il y a à nouveau un avis de grippe aviaire, donc on fait attention. « 

Sur une idée originale de Gabriel Fiorini

Ecrit par Gabriel Fiorini et Sean Welsby, avec l’aide de Stéphanie Morsomme et Stéphanie Villers.

Retrouve les oies dans la culture populaire !

En chanson avec Michel Delpech

Dans l’Histoire… avec les Gaulois au Capitole (-390)

En 390 avant J.-C., les Gaulois, emmenés par leur chef Brennus, s’emparent de Rome. Les derniers Romains qui résistent encore sont réfugiés dans la citadelle du Capitole. Alors qu’une nuit, épuisés et affamés, ils se laissent gagner par le sommeil, les Gaulois tentent de pénétrer sur la colline. Mais les oies du Capitole, oiseaux sacrés du temple de Junon, éveillent les assiégés à temps, à grands coups de cris aigus et de battements d’ailes.
En 1471, le pape Sixte IV offre au peuple romain des vestiges antiques qui constituent les premières pièces de la collection des musées capitolins, et associent durablement la colline du Capitole à ses origines antiques. Dans l’un des musées, on trouve une « salle des oies », qui rappellent que ces volatiles ont participé à leur manière à la grandeur de la ville…

Extrait du site français Passerelles, site de culture générale soutenu par la Bibliothèque Nationale de France, la BNF, page consultée le 2 février.

6 commentaires sur « La véritable histoire des oies des Bruyères… »

  1. Félicitations pour ce premier numéro de ByBisix! Quelle belle réussite, vous mettez la barre bien haut pour les prochaines parutions mais j’ai toute confiance en vous.
    Mention spéciale à l’article « La véritable histoire des oies des Bruyères »; le contenu m’a bien fait rire.
    Bonne continuation à chacun dans ce projet!

  2. Bravo pour cette première édition pleine de promesses! Chouette débat sur les régles vestimentaires, j’ai pensé qu’il aurait aussi pu déboucher sur des questions plus philosophiques sur la mode et la « fast fashion », une prochaine fois peut être 😉 L’article sur les oies des Bruyères est excellent! Et merci d’éduquer les parents au vocabulaire actuel! Vivement lire la deuxième édition!

  3. Bravo pour votre première édition, l’article sur les oies va devenir mythique (et en tant que parent, j’aime ce genre d’information de proximité!^^). Très bon choix de sujets, et bravo de faire vivre la langue française, vos articles en sont une belle démonstration, wesh, la langue vit.

  4. Bravo pour ce chouette journal. Très sympa d’y lire les préoccupations du Lycée.
    Les articles sont vraiment intéressants. Quelle imagination pour les oies, j’y reconnais bien Madame Dromelet.
    Bonne continuation

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