Oser « toucher » des personnes malades, c’est la proposition faite par Mme Sobieski, professeure de religion, à ses élèves de 3èmes. Chacun d’eux avait reçu, à cette occasion, une carte avec un texte de compassion aux malades à donner éventuellement à la personne rencontrée. Cette action s’inscrivait dans le cadre de la 32ème journée des malades (initiée par le Pape Jean-Paul II) dont le thème cette année était « soigner le malade en soignant les relations ».
Voici les retours de quatre de ses élèves sur cette expérience.
« A quel point ça me fait du bien… »
« Pour la journée mondiale des malades, j’ai été rendre visite à la sœur de ma grand-mère.
Aujourd’hui, elle vit dans un centre d’aide pour personnes âgées.
Elle reçoit peu de visites et quand je suis arrivée dans sa chambre, elle ne m’a pas tout de suite reconnue. Ensuite elle m’a dit « si tu savais à quel point ça me fait du bien d’avoir de la visite ». Cette phrase m’a fait prendre conscience de tellement de choses en une fois, ça m’a même un peu blessée. Pour nous, voir des gens ça parait normal, pour eux, c’est un cadeau.
Je lui ai donné la carte, elle a souri puis m’a prise dans ses bras tout en pleurant légèrement.
C’est à ce moment-là que j’ai compris à quel point le toucher est important dans la vie d’une personne.
La possibilité de toucher et de voir des personnes est exceptionnelle et obligatoire dans la vie de n’importe qui. »
« Lorsqu’elle a su qu’elle avait un cancer… »
« Je vais vous parler de ma rencontre avec une mère de famille : Vinciane.
C’est une maman de trois enfants qui a eu un cancer et qui, suite à des multiples opérations a perdu ses cheveux pendant un moment.
C’est une personne très positive.
Lorsqu’elle a su qu’elle avait un cancer, au début elle ne comprenait pas pourquoi elle et pas d’autres gens, mais petit à petit et grâce au soutien de ses proches, elle a réussi à vaincre son cancer.
Lorsque je lui ai passé la carte, elle m’a remercié et elle était contente que je sois venu lui parler car elle voit quand même beaucoup de gens mais moins qu’avant, et ça lui a fait du bien de voir des gens.
Mon ressenti de cette rencontre est positif et je suis satisfait d’avoir pu aider des personnes qui vivent des moments pas très faciles certains jours. »
« Il s’est battu contre sa maladie »
« Ce week-end, j’ai été chez ma grand-mère.
Elle avait invité un ami, René, pour un repas.
J’ai donc fait sa rencontre…
René souffre de bronchectasie sévère depuis 40 ans.
Aujourd’hui, il a 81 ans et il est toujours malade.
Sa maladie provoque l’élargissement des voies respiratoires, ce qui entraine une accumulation de mucus, qui augmente les risques d’inflammation pulmonaire.
René a sa maladie depuis longtemps et, m’a t-il dit, a appris à vivre avec : ses symptômes se sont dissipés mais il en a toujours comme des douleurs à la cage thoracique ou la fatigue.
Depuis son diagnostique, René s’est battu contre la maladie qui a changé sa vie.
Sa foi en Dieu et sa religion chrétienne l’ont beaucoup aidé.
René a été très touché lors de son témoignage et m’a remercié. »
« J’étais heureuse de donner et lui de recevoir »
» J’ai fait le choix d’offrir ma carte à mon grand-père qui vit seul depuis trois ans.
Je ne considère pas l’âge (la vieillesse) comme une maladie mais je voulais simplement qu’il sache qu’il n’est pas seul.
J’étais un peu stressée de lui offrir cette carte car je ne suis pas vraiment à l’aise pour offrir quoi que ce soit à mes proches habituellement.
Au début, je comptais simplement la lui donner sans regarder sa réaction mais finalement, je lui ai expliqué le but de cette démarche. Lorsque je lui ai tendu la carte, je crois qu’il était étonné. Ensuite, il l’a lue et je lui ai donc expliqué. J’ai tout de suite remarqué qu’il était ravi que j’ai pensé à lui.
C’est vrai que je me suis sentie soulagée car pendant un moment, j’ai pensé qu’il ne comprendrait pas. Pourquoi je lui offre ça, pourquoi lui ?
Au final, j’étais heureuse de donner, et lui de recevoir.
J’ai trouvé ça chouette comme geste mais, je crois que je n’aurais pas osé le faire à un ou une inconnue. «
Une mise en page de Tiphaine et d’Alexandra.
