Tout a commencé il y a un mois, le lundi 17 avril, assise tranquillement dans mon fauteuil (ou plutôt étalée devant la télévision), je profitais des deux heures de repos avant la reprise des cours. Pourquoi l’école commençait-elle plus tard ce jour-là ? Vous ne vous souvenez pas ?! Une assemblée générale, bien sûr! J’étais donc tranquillement en train de profiter de ce temps libre quand, tout à coup, un message contenant une photo m’arriva de façon anonyme, faisant sonner mon téléphone, me coupant en plein épisode des Pyjamasques.
Ce message venait apparemment d’une personne s’étant introduite dans la salle polyvalente, car on y voyait des profs de dos, assis sur des chaises en plastiques, les yeux rivés sur un écran où apparaissait une tâche jaune, aussi intrigante qu’étrange, et pour les paranos, effrayante ! Mais que représentait-elle ?
Plusieurs hypothèses me vinrent spontanément à l’esprit.
- La couleur jaune serait-elle la métaphore étrange d’autre chose, comme aiment d’habitude le faire les profs?
- Etudiaient-ils les composants chimiques des chewing-gums pour trouver une façon de les enlever efficacement en les aspergeant d’une sorte de liquide de nettoyage ?
- Ou pire, cette tâche jaune, serait-ce de l’urine ?! Une nouvelle façon pour le corps enseignant de vérifier si les élèves n’ingéraient pas à leur insu quelque substance illicite…
Une sorte de pâte ?
Sans plus d’informations, je restai sur mes questionnements. Ce n’est que deux jours plus tard que j’eus un début de réponse. Alors que j’étais en train de siffloter dans la salle polyvalente, un doigt me tapota l’épaule. Je me retournai surprise et remarquai un gars à chapeau noir, avec un grand manteau qui descendait en-dessous des genoux. C’était l’Anonyme qui m’avait envoyé la photo. Il m’attira dans un couloir désert et me raconta cette étrange histoire. Curieux, comme chacun de nous, de ce que les professeurs font en AG, il s’y était introduit en catimini. Sachant que j’étais journaliste au ByBiSix, il voulut m’en faire part, pour que tout le monde sache enfin la VERITE.
Voici les bribes de la réunion les plus intéressantes. Une sorte de “présentateur” (un petit grassouillet, chauve et âgé) avait commencé par présenter une sorte de pâte jaune – qui, de ce que mon indicateur avait comprit – pouvait changer de couleur, de forme et de goût et qui serait utilisée pour un projet spécial qu’ils (les profs!) avaient depuis longtemps. Il perçut également que les profs en fabriquaient en grande quantité quelque part dans les sous-sols de l’école. A plusieurs reprises, la date du 19 mai avait été prononcée… Mais de quoi s’agissait-il?

Ceci titilla ma curiosité, et je décidai de suivre un des professeurs après l’école. Ce fut plus compliqué que prévu, car ils étaient tous très discrets et finissaient toujours par disparaître presque sous mes yeux. Une fois mon grappin posé sur une enseignante de taille moyenne, je la suivis discrètement jusqu’à une porte dérobée derrière les casiers de la salle polyvalente.
Mais ce n’est que le lendemain soir que je pus enfin m’infiltrer dans cette salle secrète. Le code (que j’avais repéré la veille) une fois tapé sur une sorte de tablette sortant du mur, une porte s’ouvrit et je découvris un petit escalier qui s’enfonçait dans les méandres secrets de l’école. Les marches descendues, je tombai face à une nouvelle porte que j’ouvris avec précaution et qui donnait sur une grande salle. Cette pièce était divisée en deux, une partie où il y avait des dizaines de rangées de boites en carton et l’autre partie dans laquelle était installée une machine qui vrombissait, créant un nuage de fumée grisâtre. Cette machine fabriquait, apparemment, des sortes de bonbons. Pour confirmer cette hypothèse, je m’approchai du carton le plus proche et l’ouvris avec appréhension. UNE TONNE DE BONBONS étaient empilés les uns sur les autres, serrés dans ce minuscule carton. Que comptaient-ils en faire ? Pourquoi ne pas les vendre ? Que contenaient exactement ces friandises ? Comptaient-ils nous les faire absorber ?
Après avoir refermé le carton soigneusement, je ressortis de la pièce, remontai l’escalier et finis par refermer la “porte-casier”. J’avais enfin percé une partie du mystère ! Mais la découverte n’était pas complète… En saurais-je plus à cette date fatidique du 19 mai ?
Affaire à suivre….
Une enquête d’Angéline THIRY
