Cette oeuvre qui m’a marqué·e.

Le ByBiSix s’ouvre aux productions que vous réalisez dans le cadre de vos cours. Ainsi, Laure Derenne, professeure de Français en 4ème, a demandé à ses élèves d’écrire sur une oeuvre qui a impacté leur vie. Voici quelques coups de coeur.

Anton : Lose yourself d’Eminem

Quelque chose m’aide et m’accompagne depuis très longtemps. C’est la chanson « Lose Yourself » de Eminem . C’est une chanson qui fait partie de la bande son du film « 8 Miles », qui a remporté un Oscar et un Grammy Awards. Cette chanson reprend toute l’histoire du personnage principal du film, joué par Eminem et qui nous pose cette question : si on avait une chance d’accomplir quelque chose, de saisir tout ce qu’on a toujours voulu en un instant, est-ce qu’on la sasirait ou est-ce qu’on la laisserait passer ? 

Cette chanson dit qu’on ferait mieux de se laisser emporter par la musique, de se perdre dans l’instant. Chose que nous n’avons pas beaucoup le temps de faire dans cette société qui nous surcharge, nous remplit la tête de choses dont l’utilité laisse à désirer.  On ferait mieux de saisir la seule chance que nous avons et ne jamais la laisser s’enfuir  au lieu de suivre le système comme un pigeon. Ces mots ne viennent pas d’une âme révolutionnaire mais d’une âme singulière qui ne se laissera pas emporter, comme beaucoup, par la facilité du système qui ne nous rend sûrement pas aussi heureux qu’on le pense. 

Cette chanson m’aide dans beaucoup de moments décisifs.  L’exemple est un peu banal mais au hockey, quand le stress me paralyse avant un match, je pense aux paroles d’Eminem qui me détendent et, en même temps, me donnent de l’énergie.  Il y a aussi le soir, quand j’en ai marre de l’école et des « problèmes » habituels de la vie : j’enfile mes écouteurs, j’appuie sur « Lose Yourself » et cela me donne de l’espoir, de l’adrénaline. 

Daniel : Shingeki no kyokin

Lors du confinement 2020, je m’ennuyais énormément. Je me baladais sur les réseaux sociaux, comme tous les jours et j’entends parler du manga « Shingeki no kyokin » (« L’attaque des titans »). Je ne m’intéressais pas vraiment aux animés ni aux mangas mais je me suis dit « Pourquoi pas ? ». 

A ce moment de ma vie, je me cherchais beaucoup culturellement. Je ne regardais rien de précis. Je n’avais aucun style de film, de livre, aucune oeuvre de référence : le néant complet !  Je me cherchais aussi personnellement. Je ne savais pas ce que je voulais faire plus tard. J’étais un spectateur de la vie, un suiveur, je vivais ma vie presque oisivement.  Après avoir commencé « SNK », j’étais changé. J’en voulais toujours plus, je passais mes journées devant. Tous les mystères derrière me fascinaient. 

Après l’avoir lu, j’en voulais encore, j’ai découvert des dizaines, des centaines d’autres mangas. Toutes ces oeuvres que j’ai regardées m’ont donné ce qu’on appelle la « mentalité shonen ». Une manière de penser et d’agir qui prône le dépassement de soi et la détermination dans tout ce qu’on entreprend.  Grâce à ça, je me suis repris en main j’ai commencé à m’instruire, à bien m’alimenter, à faire du sport, … 

Louis : Notes pour trop tard d’Orelsan

En 2017, Orelsan écrit une chanson : « Notes pour trop tard » dans laquelle il évoque le passage à l’âge adulte et la confiance en soi. Une chanson où il parle à lui-même et se donne les conseils qu’il aurait aimé recevoir.  Cette chanson parle de la période adolescente et du passage à l’âge adulte. 

Pendant l’adolescence, nous ne savons pas ce qui nous attend. Nous sommes là, avec nos questionnements et nos doutes. Nous ressentons une multitude de sentiments tellement opposés : colère, amour, tristesse, joie, …  Les adultes, plus précisément nos parents, nous donnent nos conseils, essaient de nous comprendre. Tout adulte est passé par là, à une époque différente, et pense pouvoir nous aider mais au final, nous aident-ils vraiment ? 

La chanson d’Orelsan se permet un petit côté moralisateur mais qui passe assez bien vu le langage jeune qu’il utilise. Il arrive à exprimer clairement ce que je ressens certains jours. Le fait que ce soit dans le même langage que nous, les adolescents, me touche encore plus ! J’ai parfois l’impression que c’est à moi qu’il s’adresse.  A travers ses paroles, je retrouve mes ressentis : les sentiments d’injustice auxquels je dois parfois faire face, mes joies qui laissent place à la tristesse, ma colère intense et parfois inexplicable.  Il exprime aussi le fait qu’on ne se sente pas compris. Il dédramatise la chose en disant qu’en fait, personne ne nous comprend. Ce qui me fait sourire car le fait de s’en rendre compte permet de le vivre plus facilement. 

Cette chanson m’aide à relativiser les choses, à arrêter de parfois me prendre pour un surhomme, à calmer ma révolte due à cette période compliquée.  Son passage sur l’école me parle beaucoup et me fait rire ! Je m’y retrouve … En effet, l’année dernière fut compliqué pour moi et Orelsan insiste bien sur le fait que ne rien faire ne mène à rien (« L’école est un calvaire, y a pas grand chose à faire. Arrêter, c’est partir trop tôt dans une autre galère »).  Il parle aussi d’arrêter de se prendre pour une victime ou de se trouver des excuses. Il est vrai que je baisse facilement les bras alors qu’il est important d’aller au bout de ses envies. Bref, cette chanson me fait penser à mon vécu du moment et est un beau message d’espoir pour chacun de nous, adolescent. 

Pierrot : Plongée dans l’infiniment grand.

La vidéo « Plongée dans l’infiniment grand », de la chaine Youtube « Balade mentale » m’a beaucoup impacté. « Balade mentale » est une chaine de vulgarisation scientifique créée en 2015 par Théo Drieu et Kévin Fauvre avec pour objectif de rendre la science accessible au plus grand nombre, en l’abordant de façon ludique et décalée. Elle aborde des thèmes comme l’espace, les abysses, les paradoxes, … Que des sujets qui me fascinent ! Depuis 2018, seul Théo continue les vidéos et  la chaine compte aujourd’hui 750.000 abonnés. 

Je l’ai découverte il y a 3-4 ans, en me baladant sur la plateforme. Ces vidéos m’ont toujours émerveillé, passionné. Elles sont intéressantes et la voix est même apaisante. « Plongée dans l’infiniment grand » est un parcours de 20 minutes à travers l’espace, en commençant à l’échelle humaine pour finir avec des dimensions faramineuses, littéralement, l’infiniment grand. On passe par les planètes, les étoiles, le système solaire, les nébuleuses, les galaxies, la voie lactée, les amas, les clusters, super-clusters et enfin, l’univers. Tout cela, on en a tous déjà entendu parler mais je crois que peu de gens se rendent bien compte des dimensions et des différences de tailles que cela représente. C’est assez bien retranscrit dans la vidéo car chaque étape est comparée à la précédente, qui ne correspond parfois qu’à un point. On a un peu de mal à suivre car même l’échelle de la Terre est dure à se représenter alors imaginez bien plus grand que ça … 

Penser à l’infiniment grand effraie certaines personnes qui n’aiment pas en parler. D’autres se posent toujours la même question : « Sommes-nous seuls dans l’univers ? ». Difficile à croire …  Moi, c’est un sujet qui me fascine ! Parfois, je me dis que tout ce que nous faisons sur notre petite planète, si on peut dire petite, n’a aucun sens. Que nous pouvons faire tout ce que nous voulons, que nous pouvons tous mourir, ça ne changerait quasiment rien à l’échelle de l’univers. Ça peut paraitre déprimant mais je crois qu’il faut se dire que la vie mérite d’être vécue, que nous n’en avons qu’une et qu’il faut la vivre à fond, profiter de ce court passage qui nous est donné dans l’Univers. 

Qu’est-ce que cette vidéo a changé pour moi ? Elle m’a fait apprendre tout un tas de choses que je ne savais pas mais elle m’a avant tout fait réaliser tout ce que je viens de vous partager. Elle m’a fait grandir, réfléchir, elle m’a ému aussi.  Bref, je trouve tout cela absolument passionnant et je vous conseille vivement d’aller la visionner. 

Clara : Tout va bien

La chanson “Tout va bien” a été écrite par Stromae et Skread. Elle est interprétée par Orelsan et fait partie de son album « La fête est finie », sorti en 2017. Le clip a été tourné à Kiev, en Ukraine.  Dans cette chanson, le rappeur dénonce l’hypocrisie de notre société qui semble fermer les yeux sur les problèmes de pauvreté, de violence conjugale ou encore la guerre. 

Dans le clip, Orelsan tente de préserver l’innocence d’un petit en lui faisant croire que tout va bien, en lui cachant les problèmes que le monde connait. C’est touchant et en même temps, le clip montre que l’enfant n’est pas dupe.  A la fin du clip, le petit garçon dit une phrase en ukrainien. En bas de l’image, il est écrit « Tout va bien », comme si c’était sa traduction. En réalité, cette phrase signifie « Ne croyez pas tout ce qui est écrit ». Je trouve ce sens caché très intéressant. Ça démontre assez bien comme il est simple de nous faire croire ce qu’on veut.  Ce clip m’a interpellée et fait évoluer dans ma façon de me créer une opinion personnelle sur la base de ce que j’entends ou de ce que je sais. 

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