Des travaux qui s’accumulent, des tests qui s’enchaînent, de nouvelles échéances à respecter, nombreux et nombreuses sont les élèves qui vivent leur scolarité avec un sentiment de pression. Une pression que les examens ne font qu’exacerber… Au ByBiSix, on a donc décidé de vous interroger sur le sujet.
Une enquête de Cyanne Irakoze, avec la participation de Clara Veithen.
Afin d’avoir une représentation chiffrée de ce sentiment de pression, nous avons réalisé un sondage via ITSL : 20% des élèves du Lycée y ont répondu (293 sur les 1458 élèves que compte l’école), On remarque que ceux qui ont le plus répondu à notre enquête sont en 4ème, 5ème et 6ème : ils représentent 65,2 % des réponses. Ce qui nous intrigue c’est de savoir s’ils ont été plus nombreux à nous répondre car ils utilisent plus fréquemment itslearning ou alors parce que le sujet les intéresse davantage puisque la pression est plus ressentie dans ces années-là ?
Les résultats du sondage !
A la question “ressentez-vous une pression scolaire ?”, 84,6% des élèves sondé·e·s répondent positivement. Notre enquête révèle que la source de la pression serait l’élève lui-même (pour 64,8 % des sondé·e·s), ce qui est étonnant car nous ne nous attendions pas à ce que les élèves reconnaissent qu’ils sont la source principale de leur pression scolaire. Il y a ensuite les professeurs (pour 63,1%), les parents ( pour 38,9%) et les amis (pour 7,5%). Voici ce que cela donne dans un beau camembert.

Il semblerait donc que la pression se construirait à plusieurs niveaux et que vous en avez conscience. Cela rejoint l’idée exprimée, en conseil de participation, par la directrice adjointe, Mme Dromelet : “la pression scolaire, c’est comme une lasagne, il y a plusieurs couches”. Peu d’élèves sondés identifient l’origine de la pression dans les réseaux sociaux ou les médias. Les quelques élèves qui nous ont laissé une réponse ouverte pointent, quant à eux, « le système scolaire, qui favorise plutôt la réussite que l’apprentissage » et « la société pour qui terminer ses études est crucial sinon, l’élève n’aura pas d’avenir prometteur (avenir lié à l’argent). »
Cette pression ressentie engendre principalement de la démotivation (pour 61,1%), des crises d’angoisse (pour 36,9%), un blocage (pour 32,8%) et du décrochage (pour 31,1%). 26, 6 % des élèves interrogé·e·s disent compenser par une surorganisation et 46,8 % ont le sentiment de sacrifier leur temps libre.

Une élève nous confie : “Je suis tout le temps stressée, sur les nerfs, je n’arrive pas à dormir le soir car je pense à mon organisation pour pouvoir surfer entre mes activités et les devoirs, en plus, on n’a que 2 jours de week-end et il faut encore penser à l’école…”. Un autre : “J’angoisse et je stresse donc je procrastine. Je procrastine donc je n’ai plus assez de temps, je n’ai plus assez de temps donc je fais une crise d’angoisse. Résultat, je travaille jusqu’à 3h du matin pour ensuite, m’endormir en cours et recommencer à angoisser. » Quelques-un·e·s évoquent l’effet bénéfique de la pression sur eux·elles : “Avec cette pression, j’apprends à mieux me réorganiser et surtout je ne baisse pas les bras car je veux atteindre mes objectifs !”
En constatant tout ce stress, nous ne voulions pas finir cette enquête sans vous donner de solutions. C’est pourquoi, nous sommes allés à la rencontre d’élèves et de professeurs pour vous conseiller, vous aiguiller sur la manière dont vous pouvez appréhender la session d’examens.
« L’escalade de la montagne se fait par petits pas… »
En premier lieu, nous avons demandé à Mme Piérart, professeure de méthode, ce qu’elle conseillerait aux élèves pour diminuer la pression : “il me semble que souvent, face à la pression, nous avons régulièrement le sentiment d’être dépassé, de ne pas être capable d’y arriver, de ne pas savoir par où commencer tellement la liste est longue…Et justement, pour faire face à la pression, si on commençait par l’objectiver en établissant une liste la plus exhaustive possible, composée de toutes petites choses bien concrètes mais aussi bien sûr des travaux ou des objectifs plus vastes que l’on pourra détailler par la suite. Une petite voix s’insurgera : Oui, mais dans ce cas, je suis encore plus découragé car elle est trop longue et je sais que jamais je n’y arriverai ! L’escalade de la montagne se fait par petits pas…La gestion de la pression se fait aussi par petits pas, mais en osant la considérer de de façon lucide de manière à pouvoir y faire face objectivement. Quand j’ai réalisé une liste de choses à faire, je peux commencer par les tâches les plus simples, rapides, faciles ; j’ai ainsi le sentiment de m’accomplir, de constater que je peux faire des choses, et cette constatation est très stimulante et donc encourageante pour aborder d’autres points. J’ai aussi et surtout cette joie de barrer certains points de ma liste ; ce qui est très enivrant. Et je terminerai là-dessus ; point très dopant, je combats un autre ennemi majeur qu’est la procrastination…enfin, j’avance, je me sens moins stressé, je constate que je suis plus efficace, je suis un petit peu fier de moi, j’ai plus de courage et de confiance en moi…. Et ensuite, de temps en temps entre deux tâches, je fais une pause et je vais jouer avec mon chien ! Et cela aussi, je le mets sur ma liste !”
Mme Baudson, également chargée des cours de méthodologie ajoute “mon truc un peu bizarre c’est faire le vide... Marcher… Observer, ne pas penser pendant un temps pour se remplir d’idées nouvelles et donc dynamisantes. C’est inconfortable le vide mais c’est riche, croyez-moi ! et de terminer par une citation de A. Jodorowski : Le caméléon pour trouver sa véritable couleur se pose sur le vide ! » Pour ce qui est des conseils des élèves, ils tournent autour de la même idée qui est de : s’occuper en faisant des choses qu’on aime pour penser à autre chose et équilibrer les temps de plaisir et de travail, ou bien faire des exercices de respiration, parler de ce qu’on ressent avec ses proches. Toutes ces choses peuvent aider à moins stresser et donc vivre une pression plus saine. »

Merci beaucoup pour cet article, c’est intéressant de voir ce que les élèves des différentes classes en pensent sur ce sujet. Très bien écrit, comme toujours et sur des sujets, qui, je pense, ne sont pas abordés assez souvent dans le cadre de l’école.
Merci de prendre le temps pour faire des sondages, c’est un travail de malade !! Bravo
Super intéressant !
Waouw super travail d’enquête, merci à vous.
Ne trouvez vous pas cela interpelant de constater que les élèves se considèrent en très grande partie responsable de cette pression scolaire et que les seuls conseils et solutions proposées (s’organiser et s’aérer) les renvoient également à leur propres responsabilité individuelle ?