“Arrête de faire le thug, espèce de Cassos ! »… « Je m’en balec de ce que tu dis ! »

Leçon 4

Faire le thug : se dit de qqn qui ne se soucie pas des règles, “faire le rebelle”. On ne va pas vous mentir : cette expression n’est pas très bien cernée, ni par nos journalistes ni par les jeunes qui l’utilisent. Il faut dire que ses origines sont des plus singulières. Elles remontent à l’Inde du XIIIe-XIVe siècle sous forme d’une secte formée principalement d’assassins professionnels qui étaient réputés pour assassiner les voyageurs par strangulation. Par la suite, ce mot s’est mis à être utilisé pour caractériser un voyou, un bandit ou un rebelle utilisant la violence.

Cassos : Cette insulte est l’abréviation d’une expression connue de tous : “cas social”, qui est utilisé pour qualifier une personne en situation difficile pouvant entrainer une exclusion sociale et nécessitant une prise en charge de la société. Dans la bouche d’un jeune, ce terme insultant semble avoir perdu son origine méprisante et est utilisé pour souligner la différence, le décalage entre différentes personnes, parfois avec humour. Il est maintenant la version plus moderne du terme « baraki ».

Balec : Abréviation de l’expression “Je m’en bats les c*****es”. A l’origine, le mot “couille” était aussi utilisé pour décrire une erreur ou un échec. “Je m’en bats les c*****es” veut donc simplement dire que l’on ne se soucie pas ou on ne prête pas attention à ce qui va arriver, aux conséquences. Ainsi, le mot “couilles” ne renverrait pas spécialement au sexe masculin. Que penser dès lors de ces versions féminisées : “je m’en bats le c***o” ou encore le plus chaste “je m’en bats les ovaires” (entreprise qui semble complexe) ?

Voici quelques petits conseils pour une utilisation pertinente et digne :

En classe : « Je suis désolé, j’ai encore fait le thug et j’ai oublié de faire des trous dans vos copies !”

En voyage scolaire : Je vous rappelle de bien vous comporter, vous représentez l’image du lycée. Tachez au moins de ne pas vous comporter comme des cassos !

Devant la photocopieuse : “ Jean-Michel, tu es pressé, tes élèves t’attendent ? Ouais, mais j’m’en balec, fais à ta guise, Martine ! »

Une explication d’Apolline Thiry.

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